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Le Débat vigoureux, pierre angulaire de la démocratie… mais pas pantoute icitte !
Rompre
définitivement avec toutes les habitudes de la société, se désolidariser de son
esprit utilitaire. Refus de fermer les yeux sur les vices, les duperies
perpétrées sous le couvert du savoir, du service rendu, de la reconnaissance
due... Refus de se taire,—faites de nous ce qui vous plaira mais vous
devez nous entendre—Refus de la gloire, des honneurs (le premier
consenti): stigmates de la nuisance, de l’inconscience, de la servilité. Refus
de servir, d’être utilisable pour de telles fins.
—Paul-Emile
Borduas, «
Refus Global
»
(1948)
Censuré
par Le Devoir !
Le Devoir
m'a censuré car j’ai osé critiquer
l’hagiographie présentée par Martine LeTarte,
collabo du journal. Contraire à l'opinion de cette journaliste, le PDG Mondial
de la Poésie, Gaston Bellemare, n'est pas du tout un saint ! C’est un
autocrate ! Voici le texte censuré et la piteuse réponse du Devoir:
Honte à
Martine LeTarte, qui écrit aveuglément cette hagiographie bellemaresque
! Honte à ses professeurs universitaires pour avoir formé une telle
journaliste… qui n’a même pas osé écrire un seul petit mot sur la grande
colère des poètes courageux qui ont osé contrer Bellemare, ce pilier
autocrate de la poésie, lors du dernier Festival
International de la Poésie de Trois-Rivières payé moyennant l’argent
public ! Qu’est devenu bon dieu le journalisme au Québec de nos jours,
simple science d’hagiographie ?
Honte au
Gouvernement du Québec pour avoir décerné ce Prix Georges-Émile-Lapalme à
ce Bellemare führer, qui n’écrit que des subventions… même pas de
poèmes !
Oui,
der Führer « donne corps et âme », mais à la diffusion de la poésie
molle, sans feu, sans passion, sans critique ! La poésie n’est quand
même pas un commerce ! Or, Bellemare ne cherche qu’à la contrôler, la
châtrer, la rendre simple divertissement bourgeois qui ne dérange
personne, à l’exception des poètes qui veulent que la poésie soit une
épée au service de la démocratie et non pas seulement à celui de
Bellemare. Lors de son Festival, chaque année cet autocrate écrase le
débat, pierre angulaire de la démocratie.
Honte au
Gouvernement du Québec pour lui avoir décerné ce prix ! Honte aux
journalistes qui prônent cet homme d’affaires qui ne cherche qu’à
réduire la poésie à une simple marchandise à vendre… à la nouvelle Union
Soviétique poutine, par exemple !
Comme
poète invité en 2001 à son Festival, j’ai été le seul à critiquer ce
gros mandarin habillé en poupée d’affaires, ouvertement droit devant sa
triste face. Évidemment, on (LUI) ne m’y invitera plus jamais. Oui, je
m’en souviens… d’un petit cauchemar qui s’appelle Bellemare.
Quand
ce texte ne s'affichait pas sur le site Web pour commentaires, j'ai pris contact
avec Benoît Munger (bmunger@ledevoir.com).
Il semble
que mon commentaire ne s’affiche pas. Pourquoi? J’ai bien mis mon mot
de passe. Suis-je sur la liste noire du Devoir? Ou est-ce que
ça prend
du temps pour enregistrer? Merci.
G. Tod
Plusieurs jours plus tard, Munger a expliqué
en bon bourgeois bien inséré
comme enseignant en communication à
l'UQAM et comme président du Syndicat des
journalistes de la rédaction du Devoir...
le pourquoi de sa censure.
Le censeur a toujours ses bonnes raisons, n'est-ce pas ?!
Le Devoir
n'a pas de liste noire. Vous ne pouvez donc pas y être. Nous avons
cependant retenu l'un de vos commentaires (au sujet du prix Georges-Émile Lapalme) parce qu'il contenait des attaques personnelles.
Traiter quelqu'un de Fürher nous semble excessif compte tenu de la
signification de ce terme associé à l'un des plus cruels personnages de
l'histoire moderne. Vous avez parfaitement le droit de contester la
remise de ce prix, mais un peu de retenue aurait mieux servi votre
propos, à notre humble avis.
Bien à
vous
Benoît
Munger,
Le Devoir
Le suivant c'était ma réponse, et Munger n'a plus
jamais répondu:
Cher
Monsieur Benoît Munger, coordonnateur (censeur en chef !) du site Web du
Devoir,
Merci
enfin pour la lumière… au bout du tunnel de silence ! Or,
j'aurais pu facilement éliminer ce mot proscrit de mon commentaire si
vous m'aviez contacté plus tôt là-dessus ! C'est donc évident que
ce n'était pas seulement ce mot qui vous avez dérangé tant, mais plutôt ma dénonciation
de votre cher icône Bellemare. Ce qui
est vraiment honteux, c’est que le mot Führer que j’ai utilisé pour
décrire Bellemare vous dérange tellement plus que le fait que Bellemare
se comporte comme Führer, censure, déteste la liberté de parole et
cherche à écraser tout débat lors de SON festival, bien que le débat
soit pierre angulaire de toute démocratie vivante.
C'est
vraiment honteux que les journalistes sont devenus censeurs de nos
jours, paladins bien payés par les corrompus piliers de la bourgeoise
société.
Alors, si
au Devoir vous n’avez pas de liste noire, vous avez autre chose
bien plus néfaste : la censure d’idées, d’opinions et des faits ! Vous
auriez pu publier ma lettre car elle présente un autre côté
de la réalité bellemaresque de la poésie. Or, vous préférez évidemment
et tristement que cette réalité soit faussée par l’exclusion moyennant
la censure. Même pas un petit mot dans cet article hagiographique
vis-à-vis des poètes québécois qui ont eu le courage de rouspéter contre
la dictature de Bellemare lors de SON festival lors de la dernière
édition.
Quelle honte !
C’est
triste. Vous êtes triste. Si vous êtes ouvert, publiez cette
lettre-ci ! Or, vous ne l’êtes pas ! Notre petite correspondance sera
publiée dans le prochain numéro du American Dissident et sur le
site Web.
En toute
évidence, vous avez grand besoin d'étudier
le
Code
déontologique de la Société des journalistes professionnels.
G. Tod Slone, rédac'chef,
www.theamericandissident.org/Quebec.htm
L'Autocrate mis au défi : Contestation au
Festival International de la Poésie de Trois-Rivières
En octobre
2007, j’ai reçu un courriel d’un gars de Trois-Rivières qui m’annonce le grand
brouhaha au Festival International de Poètes Professionnels Sans Couilles de
Trois-Rivières, 2007. Or, cela fait depuis 2001 que je dénonce
Gaston Bellemare et
Cie pour
son financement de poètes à tête bourgeoise !Pourquoi cela a pris tellement de
temps que d’autres le dénoncent itou ?
Tout de même,
honte à tous les poètes trifluviens qui ont refusé et refusent toujours de se
mettre debout pour rouspéter contre Bellemare et son interdiction du débat au
Festival ! C’est ça la vraie honte bellemaresque et non pas sa dénonciation des
Festis Off ! Dire qu’un poète n’est pas poète s’il n’a pas eu ses poèmes
acceptés par l’un des corrompues maisons d’éditions est tout à fait insensé. Un
poète n’est pas poète s’il manque le courage de se battre pour la liberté de parole pour tous.
Honte aux
poètes trifluviens (eux tous !) qui s’en foutent que leur Cheuf Bellemare ne
m’invitera plus jamais à son Festival car j’ai eu ce qu’ils manquent : le
courage de le confronter devant le public lors du Festival, 2001. Ils
sont des sans couilles et me dégoûtent tous !
La lettre
écrite par Lamy
est superbe ! Évidemment, lui n’est pas lèche-cul poète trifluvien. Mais oui, où
sont les voix des 150 poètes invités et rémunérés dans tout ce brouhaha ?
Nulle part ?!! Ou peut-être sont-elles cachées derrière les petites portes
chuchotantes et tremblantes ? Quelle honte ! Ces voix sont tellement plus
honteuses qu’un Bellemare qui n’est même pas poète ! Honte au milieu québécois
littéraire ! Mais quel imbécile ce Pierre Labrie ! Son article est si
tristement borné ! Eh bien, les Trifluviens ont eu leur Duplessis et sa maudite
statue en bronze droit devant le Zénob et maintenant ils ont leurs poètes qui fréquentent
ce club et ne
disent rien sur cette statue. Et maintenant ils ont leur Bellemare aussi ! Quelque chose
cloche non seulement au Danemark, mais également à Trois-Rivières si bourgeois !
Interdire le
débat à un festival de poésie est insensé, surtout quand le festival est
subventionné par un gouvernement démocratique comme le Festival International de
la Poésie de Trois-Rivières. Or, Bellemare l’a interdit et continue à
l’interdire ouvertement ! Et moi, j’ai rouspété comme poète invité contre cet
état piteux des choses. Or, les autres 150 poètes invités s’en foutaient et ont
gardé la gueule honteusement fermée. Quelle honte chez les poètes
québécois quand même ! Où
étaient (où
sont !!?) les
Claude
Beausoleil, Roger DesRoches, Yves Boisvert, Guy Marchamp, Claudine Bertrand, Réjean Bonenfant, Yves Préfontaine, Paul-Marie Lapointe,
Réjean Bonenfant,
Tony
Tremblay, Denise Brassard, Bernard Pozier, Bruno Roy, et Christine Germain
?
Le débat libre c’est la viande même de la démocratie… et
de la poésie itou !
Pour
un refus global 2
Imagine o combien de littérateurs si
bien enfoncés dans les « habitudes de la société » (si bien subventionnés
!)
comme ceux qui figurent sur cette page Web, qui aujourd’hui admirent o tellement
Borduas, pilier du patrimoine québécois ! Mais comment est-ce possible ? N’arrivent-ils pas à lire un texte intelligiblement ?
Ou est-ce que Borduas ne menace plus ?
C'est vrai qu'il
se trouve aujourd'hui sur les étagères poussiéreuses de bibliothèques et
renfermé dans les musées... et que la bonne bourgeoisie l’a bel et bien co-opté.
A cause de son
exiguïté, le Québec tolère mal le genre de la polémique. Tout le
monde se connaît ou presque dans notre petit monde de lettres :
professeurs de littérature, éditeurs, écrivains, journalistes
littéraires, entre tous ces gens il n’existe souvent qu’un seul « degré
de séparation ». Si le phénomène se vérifie avec n’importe quels
Québécois qui se rencontrent sur la plage aux États-unis, on imagine
sans peine l’effet d’inhibition qu’il peut produire dans un milieu aussi
restreint que celui de l’édition littéraire. Le polémiste qui
aurait la naïveté de vouloir dire les choses telles qu’elles sont serait
rapidement isolé, persona non grata, brebis galeuse à l’ écart du
troupeau. Il serait une nuisance pour ses collègues et pour ses
amis. Un immense froid se ferait autour de lui. Sa vie
serait un hiver de quatre saisons. On le chasserait de toutes les
tribunes et, pour ne pas mourir complètement de désolation, il serait
obligé, en désespoir de cause, de chercher refuge a l’Inconvénient.
Il me plait d’imaginer que l’Inconvénient
est une petite cabane au fond des bois ou peuvent se réchauffer les
vagabonds condamnes par l’amour excessif pour la vérité cruelle.
[…] Toute saine polémique est motivée par le désir de défendre un
idéal sans compromis. Une nation qui refuse absolument la
polémique refuse du coup la défense farouche des idéaux sans lesquels
aucune œuvre grande ne peut être accomplie.
—Alain Roy, directeur de L’Inconvénient, Revue littéraire
d’essais et de création
L'hypocrisie
sévit honteusement chez les gens de lettres. Et oui, Alain Roy, directeur
de L’Inconvénient, refuse, par exemple,
d'ouvrir les portes de sa chère L’Inconvénient, à tout propos
inconvénient dirigé, entre autres, contre le Festival International de la Poésie
de Trois-Rivières, ses mandarins, et ses peureux poètes invités qui repoussent,
ostracisent et dénigrent les polémistes car les polémistes ont du courage alors
qu’eux n’en ont pas. Pour eux, la vérité est sans importance. Il faut
plaire aux commanditaires et bourgeois spectateurs pour recevoir leur cher
cachet qui compte par-dessus tout.
Mais qu’est-ce qui
pourrait provoquer un Alain Roy à se croire si différent des autres rouages
obéissants de la Machine littéraire qui subventionne ?
Cette page Web constitue un record public des assertions souvent
hypocrites, illogiques, et/ou absurdes, faites par poètes, universitaires, artistes,
éditeurs, rédac’chefs, journalistes et autres partisans du statu quo de
l’autocratie intellectuelle. Et oui, plus ça change, plus c'est la même chose ! Elle sert de témoin au
mépris général de ce milieu à l’égard du libre échange d’idées, du débat, et de la
liberté d’expression—pierres angulaires de toute démocratie...
vivante !
Que c’est
difficile de croire que des poètes peuvent tant détester le débat et la critique
! Lisez donc les propos des poètes eux-mêmes qui figurent sur
cette page. Pourquoi de tels poètes
n’éprouvent-ils pas de honte vis-à-vis de leur
lâcheté et de leurs manières antidémocrates ? Pourquoi le Festival
International de la Poésie de Trois-Rivières, par exemple, interdit-il ouvertement et sans
aucune honte le débat ? Et pourquoi
les poètes invités sont-ils contents de ce triste état de choses ?
Être poète, certes,
mais à temps partiel svp! Le poète d'ici est juste assez différent de la masse
qu'il n'a besoin aucunement de se sentir davantage engagé dans son travail
pour se sentir "pleinement poète". Alors, quand tu arrives, toi l'Américain sur
la corde raide, tu leur jette en pleine face une image de self-banalité
impitoyable! Les poètes invités se regardent et se disent à l'intérieur
d'eux-mêmes: "Et bien, je ne suis pas tellement un poète, mais un fumiste face à
ce fou hurlant qui parle trois langues de feu, qui par son intégrité me fait
passer pour un gérant de Wal-Mart, rayon petite culotte!" Je suis persuadé que
les poètes que tu as croisés à Trois-Rivières et au Québec se sentaient un peu
comme ça dans leur intériorité!
—Patrick
Léveillé, poète
Ce
site Web est consacré à la dénonciation de poètes et autres littérateurs et
artistes qui font courbettes devant la Machine et les « habitudes de la société. »
Le problème est toujours le même, et il est simple : il y a, dans notre société,
peu de place pour la critique, et aussi pour l’impertinence et la dissidence.
Faut-il s’en inquiéter ou s’en indigner ? La relation entre une société et
ses intellectuels n’est jamais simple : on peut bien dire qu’une société a les
intellectuels qu’elle mérite, mais les intellectuels de leur côté ne sont jamais
fâchés de «démériter» de leur société. Le Québec n’est plus une société
autoritaire, mais on y est souvent obligé de se taire.
—Marcel
Fournier, Professeur au département de sociologie de l’Université de Montréal
Contraire à l'avis de la pensée en rond, la critique ne constitue pas une
instance de calomnie du seul fait que l’objet de la critique ne la comprend pas
et la rejette. La vérité ne constitue jamais d'instance de calomnie. Au lieu d’insulter le messager en
l’appelant puérilement calomniateur ou quoi que ce soit, trouvez un seul exemple
là où son message ment, et le messager (le rédac'chef) fera vite ses excuses et rectifiera la
fausseté. À ce jour, personne ne l’a pas encore fait vis-à-vis
de ce site Web, n'est-ce pas
Jean-François
Poupart ?
WANTED: Poèmes (une page max) et essais (650 mots max) écrits en
marge en langue française avec un point de risque personnel et provenant de
L’EXPERIENCE et/ou LE CONFLIT AVEC LE POUVOIR LITTERAIRE ET/OU UNIVERSITAIRE.
N’ayez pas peur de désigner les noms des gens. Après tout, cela représente
une forme de contrôle de qualité, ainsi que la liberté d’expression. Villon,
Neruda
et Solzhenitsyn n’en avaient pas
peur ! Bunnin and Beren (Writer’s
Legal Companion) notent qu’ « une assertion de vérité, même si cela
endommage, ne peut constituer une calomnie. » [“A truth statement, no matter how
damaging, can’t be libelous.”] Des BDs hautement critiques sont également
voulues. Inclure les frais de poste. Ne pas inclure une liste de
publications, mais plutôt une petite biographie de renseignements dissidents.
Comment as-tu, par exemple, pu neutraliser l’endoctrinement ? Quand
est-ce que tu t’es mis debout et à l’écart des amis et/ou collègues pour dire ou écrire tes quatre
vérités—« go upright and vital, and speak the rude truth in all ways
»
(Emerson) ? Envoyez vos manuscrits à G. Tod Slone, 1837 Main St., Concord,
MA 01742, USA.
Au
Québec,
poète
est devenu celui qui assure
l'accoutumance. Le Festival International de la Poésie de Trois-Rivières
en est grand témoin. La quasitotalité de tous les
poètes
qui publient des textes dans les
diverses revues de poésie souligne aussi ce fait. Eux, pour la plupart, ne rompent rien du tout.
L’inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous
l’accoutumance.
—Saint-John Perse
Etre artiste engagé au Québec a tendance à signifier être engagé à une idéologie
plutôt qu’à la vérité. Et quand il y a le danger de risque personnel vis-à-vis
de la carrière littéraire de l’artiste engagé, celui-ci se trouve tout d’un coup
pas tellement engagé du tout.
De la
marde de gauche ou de la marde de droite, c'est de la marde ! —Pierre Falardeau,
Québec Libre !
Borduas a proclamé qu'il faut briser les « habitudes de
la société. » De nos jours, qu’elles sont ses habitudes ?
Ce sont sans doute les mêmes que dans le temps de Borduas. Chez les
littérateurs, par exemple, il s’agit de propager les mythes, d’écarter la
critique (i.e., les nouveaux briseurs d’ « habitudes de la société »), et de
protéger, de subventionner, et de mythifier une élite d’amis littérateurs de la
société. Cela se fait moyennant l’argent public, les festivals, les prix, les
invitations, les maisons d'éditions, les revues littéraires et les medias. En
bref, il existe toute une infrastructure, comme dans le temps de Borduas, pour
assurer que les « habitudes de la société » restent bien anchrées.
Les écrivains
québécois ont sans cesse entretenu un rapport conflictuel avec l'argent.
—Robert Yergeau,
prof d’Ottawa,
Art, argent, arrangement
Pour la poésie,
citons Pierre Vadeboncoeur, qui participe volontiers dans le processus de mythification… car il en profite en toute évidence en étant lui-même littérateur
mythifié.
Les mots d'un poème ne sont pas seulement écrits, ils sont inscrits. Les
mots, le vers où chaque mot est serti, ont une place qui leur est
proprement exclusive. On n'en peut rien changer. Dans un poème, on ne
passe pas de l'énoncé précis qu'il exprime à un sens voisin. Un poème ne
se verse pas dans un autre poème.
Or, tout mot écrit est forcément inscrit et les poètes corrigent leurs poèmes
souvent maintes fois, en changeant les mots qui sont, d’après Vadeboncoeur,
inchangeable ! Et le reste ce n’est que du blah-blah universitaire qui a
comme but
le gonflage de la poésie et
du
poète. Ceux qui voient au delà de l' «
accoutumance » et des « habitudes de
la société » le savent bien.
En fait, tout dans la citation
ci-dessus de Borduas est applicable au poète de nos jours car le poète s’est laissé
bel et bien se faire co-opté dans l’ « esprit utilitaire » en devenant marchandise à
vendre. La mythification (le vedettariat) n’est qu’une forme de publicité, une
astuce de marketing pour mieux vendre. Les poètes qui en profitent, qui en
reçoivent des miettes, préfèrent « fermer les yeux sur les vices, les duperies
perpétrées sous le couvert du savoir, du service rendu, de la reconnaissance
due... » C'est le grand silence ! N'est-ce pas,
Marie-Hélène Sarrasin,
responsable des
dossiers, Main Blanche,
revue
des étudiants et étudiantes en études littéraires de l’UQAM? Pour vous, citons
encore Borduas.
Des
consciences s’éclairent au contact vivifant des poètes maudits, ces
hommes qui, sans être des monstres, osent exprimer haut et net ce que
les plus malheureux d’entre nous étouffent tout bas dans la honte de soi
et la terreur d’être engloutis vivants. Un peu de lumière se fait
à
l’exemple de ces hommes qui acceptent les premiers les inquiétudes
présentes... (« Refus
Global »)
Les poètes du
Festival International de la Poésie de Trois-Rivières
servent également d’illustrations incontestables. Au lieu de refuser « de se taire, » ils
se taisent car il y a « de la gloire, des honneurs » et de l’argent à en tirer.
Au lieu de refuser « de servir, d’être utilisable pour de telles fins, » ils
préfèrent s’y soumettre. Lisez mon carnet du
Festival
à ce propos.
L’aide à la
création devient un moyen de contrôler la création. Le control des cœurs et des
esprits.
—Pierre Falardeau
Attention :
Cette page Web constitue un sujet tabou, interdit et impubliable
au Québec
!
1. Considère-le donc platte et sans
aucun intérêt !
2.
Considère-le du déjà-vu, du déjà-traité !
3.
Considère son auteur trop coléreux et négatif !
4.
Considère le style d’écriture fautif et douteux !
5.
Considère-le tout simplement insuffisamment pompon !
6. Considère-le comme
l'a fait l'archi-pompon-spirituel
Jean-François Bourgeault,
responsable du courrier aux auteurs de Cahiers littéraires Contre-Jour :
« En vous refusant, nous confirmons votre intuition, nous vous donnons cette
auréole de négativité dangereuse nécessaire à tout justicier obscur des
Lettres. En vous accueillant, nous aurions pu laisser croire que nous
vous jugions commode, amusant, bref, le sérieux dramatique de votre contestation
en aurait pris pour son grade. »
7. Enfin, considère-le comme
Jacques Ferron l'aurait sans doute considéré: « Les idées sont toujours
triviales, et les gens qui se battent pour elles sont le plus souvent
des charretiers. »
Appelez-moi donc poète
charretier ! Moi, je m'en sacre...
la poésie fout l'camp Villon ! y'a qu'du néant sous du néon...
—Léo
Ferré
Pour
le milieu littéraire québécois, attention
écrivains
qui n'en font pas partie intégrale ! Ou c'est le cas ou tu ne « réussiras » jamais car c'est
ce milieu qui contrôle tout,
n'est-ce pas
Julie Tremblay,
Louis Cornellier,
et
VLB ?
Voici ce que
Jean-François
Poupart, directeur
des éditions des Poètes de Brousse, a écrit à l’égard de la critique
virulente que je continue à lancer contre ce milieu de l'
«
accoutumance
» : « Monsieur Slone, vous
creusez seul votre tombe. »
Et oui, Poupart
a bien raison. C'est devenu impossible de me faire publier au Québec... ou
quasiment, car il existe quand même un certain Jack Drill, rédac'chef de
Steak Haché, qui est aussi ouvert que l'univers… à tous les points de vue !
Chapeau à Jack, dernier bastion de la non censure au Québec ! Lui a osé
publier mon texte « La Mort subite », qui critique
Poupart. La réponse hargneuse et
surprenante de cet universitaire
à ce texte, ainsi que ma réponse,
se trouve ci-dessous. Voir aussi la page
Jean-François
Poupart pour examiner notre
correspondance. A faute d'arguments ou de preuves contraires,
Poupart invective et me réprimande pour avoir osé critiquer le milieu littéraire
au Québec du fait que les Etats-Unis fait la guerre en Iraq et que je suis
américain. Belle logique d’autruche, belle façon d’éliminer la critique !
Selon lui, il est donc interdit de critiquer simultanément cette guerre et le milieu littéraire
du Québec... si on n'est pas Québécois. Et puisque je le fais, je suis forcément
niaiseux.
Oui, et qu'est-ce qui s'est passé M. Poupart depuis la publication d'
Interdit aux Autruches ?
El
censor hizo un trabajo excelente... —Guillermo
Cabrera Infante
Que les gens tranquilles détestent
qu’on fait des vagues, qu’on secoue le bateau, qu’on pose des questions, qu’on
met au défi… surtout si on n’est pas de la clique ! A cet égard, une poète
québécoise,
Paule Doyon,
m’a écrit vis-à-vis du
Festival International de la poésie de Trois-Rivières : « Quand on est invité quelque part,
et que l'on sait vivre, on ne critique pas l'hôte. » N'est-ce pas une
belle riposte pour éliminer toute critique ? Faut-il fermer bien la gueule
tout simplement car, qui sait, peut-etre que M. et Mme Quidam Littéraire nous
invitent un jour ou l'autre ? Bravo Madame Doyon. Or, que dire de
Charles Baudelaire ?
Tous les grands poètes
deviennent naturellement, fatalement, critiques.
—Charles Baudelaire
Je me demande si la plupart des
littérateurs du milieu québécois seraient d’accord avec cette dame. Qu’est-ce
que j’ai pu lui répondre ? Devine, mes chers !
«Pour
moi en tant que poète, la vérité doit primer sur tout autre chose y compris sur
la politesse bourgeoise et la déférence devant les organisateurs qui dispensent les cachets (en fait, l’argent
vient souvent du contribuable et non pas des poches d'organisateurs). C’est dommage
que la plupart des poètes pensent le contraire. C’est dommage pour la
démocratie. C’est dommage pour la poésie en tant que puissance au lieu de
simple marchandise de divertissement. »
Elle a aussi écrit :
« Si
quelqu'un vient manger chez moi et critique mon repas...je lui dirais qu'il a
juste à pas revenir. Je ne vais pas lui faire un repas à son goût. On prend ou
on prend pas. Mais je serais pas fâchée contre la personne, ses goûts ne sont
pas obligés d'être les miens. »
Et je lui ai répondu : « Tu as
complètement tort de mettre sur la même assiette les repas et la poésie.
Ecrire la poésie n’est pas dîner. La poésie doit être plus que cela. Elle
doit inviter la contestation, la polémique, le débat, et la pensée ! Elle
ne doit jamais fermer la porte à ces choses-là ! Jamais ! Or, c’est
tout à fait le cas à Trois-Rivières. »
Enfin, cette dame a écrit :
« Je ne
dis pas que vous avez toujours tort dans vos remarques, mais je dirais que ce
n'est pas votre affaire de critiquer les organisations d'un autre pays que le
vôtre. »
la logique fout l'camp Villon ! y'a que de la courbette et de la pensée
en rond...
—P.
Maudit
Et je lui ai répondu : « On pourrait
facilement dire la même chose pour tous les Québécois qui critiquent les USA en
ce moment. Moi, je suis contre cette guerre honteuse ! Pour la littérature, il
ne doit pas y avoir de frontières. Pour un poète qui est vraiment poète, il ne
doit pas y avoir de frontières non plus ! Un poète devrait se tenir debout et
décrier toute la connerie et l’hypocrisie perpétrées par les mandarins
littéraires et autres, québécois, états-uniens et autres. Comment ne peux-tu
pas être d’accord ? La logique doit primer sur tout, même sur les frontières
politiques ! »
Pour consulter notre correspondance, voir la page sur
Paule
Doyon.
Pour ce qui concerne
Poupart, pourquoi n’a-t-il pas
démontré précisément où j'avais tort
au lieu de tout simplement me dépeindre comme niaiseux. Cette tactique
rhétorique de tuer le messager pour divertir l'attention de son message est peu originale et ne convaincra que les dupes les plus primaires
et orthodoxes. Pourquoi n'a-t-il pas démontré que ce qui est écrit dans mon texte était faux,
qu’il n'a pas prononcé ce que j'ai dit qu’il a prononcé, qu’il n'est pas de plus
en plus à la barre de la machine de la poésie,
qu’il n'a jamais dit que cette dernière n'était qu'une platte médiocrité, et
qu’il n'est pas devenu chum de réseau de la poésie ? Faut lui demander,
mes chers.
Accuser. Dénoncer. Provoquer. Déranger.
—Journée
mondiale du théâtre
Accuser. Dénoncer. Provoquer. Déranger.... OUI, MAIS surtout pas vis-à-vis
des organisteurs de la Journée
mondiale du théâtre et de la Machine théâtrale !
—P. Maudit
C'est absolument pareil pour les Pouparts de la Machine littéraire
!
Accuser. Dénoncer. Provoquer. Déranger....
OUI, MAIS surtout pas
vis-à-vis de nous aut' les organisateurs des événements littéraires, éditeurs,
rédac'chefs, poètes vedettes, etc.
Z’ont l’indignation
facile ces bornés quand on dépasse les bornes. Leurs bornes. Des bornes qu’ils
fixent eux-mêmes, d’ailleurs. Des bornes inventées pour servir leurs petits
intérêts. —Pierre Falardeau,
Québec Libre !
Au lieu de maudire
Bush, Poupart devrait plutôt
le remercier car Bush lui donne une raison de plus qu’on ne touche
pas aux petits corrompus intellectuels de la littérature québécoise. Critique pas nous
aut’ ! Critique Bush ! Laisse nous aut’ tranquilles ! Mais en refusant de
laisser vous aut' tranquilles, j'aide aux plus jeunes québécois qui ne font pas
encore partie de la Machine corrompue. Je les aide à réfléchir et les encourage
de critiquer, critiquer, critiquer le faux qui cherche
à
les noyer. Peut-être que je pourrais même sauver
quelques-uns en leur donnant des pelles pour qu'ils creusent au nom de la vérité
leurs propres tombes littéraires.
Le texte suivant a paru dans Steak Haché. C'est moi qui l'a écrit.
La Mort subite
Le Québec
est le paradis du consensus.
—Jean-François Poupart
« Vous
creusez seul votre tombe » m’a-t-il averti
car
l’insolence inattendue lui a frappé un bon coup
Ben oui,
j’ai osé critiquer ce genre de Pou,
ce qui
l’a ben mortifié car lui-même autruche
de plus
en plus à la barre de cette sale machine
qu’il a
autrefois décriée comme platte médiocrité
mais
c’était lorsqu’il faisait sa Part !
Dans son
bouquin défendu à ceux transformés
curieusement de nos jours en chums de réseau
de la
poésie (qu’importe si ces bardes se forment
en
consensus sans frontières afin qu’ils élargissent
leur
paradis, ne seront-ils toujours que des bums ?)
ce
néo-baby-boomer s’est raidi indigné car écarté
du
business un tantinet, voulant bien contribuer
de sa
propre manière à cette sclérose qui sévissait
grâce à
la précédente génération tête dans le sable
qu’il a
pourtant dénoncée
Ben oui,
chantre de brousse, je creuse ma tombe
à belles
pelletés, l’une après l’autre, m’aliénant
comme il
faut de ton filet, mais entièrement
de bon
gré, car la mort subite—ne le savais-tu pas ?
—a quand
même le bon petit goût du travail pas mal
foutu.
La réponse (sans titre) de
Poupart vis-à-vis
de mon
texte, qui a paru dans le prochain numéro de Steak est
surprenante car Poupart possède un doctorat de la Sorbonne en
littérature.
"Je moi très parler bienne le française"
Tod Sloane
Un abruti peut-il être un dissident?
pendant que son gouvernement pend des nègres dans sa cour,
grille des gamins en Irak, empoissonne l'humanite avec sa
marde de clown, prépare les plus grands crimes contre
l'humanite,
le débile dissident vomit sa bile extra-fromage sur
le micro-monde de la poésie québécoise. Beau projet de vie
mon gros chien-chien! et quand ta bite malade écoule sa purée
verdâtre sur tes plaies de pur mongol, plus personne ne
s'amuse...» Vas mon gros chien, crache encore I'extrême
puanteur du jus noir de tes couilles pourries! Et je prends ma
liberté d'expression pour te la foutre sur la gueule, crapaud
éventré! Et ta dissidence de grosse pute usée tu peux te la
mettre dans le cul! par où
tu respires... Bouffon fini!
que tous les vomitorium viennent se déverser dans ta gueule
de gros chien-chien!
Ma contre-réponse est le texte
suivant qui a paru dans le prochain numéro de Steak Haché. La
publication de cet échange est témoin de l'ouverture si rare d’un éditeur ou
rédac'chef québécois au libre échange d’idées (on trouve toutes sortes de
tristes excuses pour bloquer de tels échanges !). Bravo
à
Jack Drill ! Lui ose risquer l’ostracisme et la virulente colère du milieu
littéraire québécois.
Cerbère des abîmes littéraires
qui gueule : « Touche pas a
nous aut’ ! ! ! »
Je persiste à croire que la poésie québécoise a sévèrement besoin
d'une bonne dose d'électrochocs et de remises en question. À cet effet
vos idées et votre verve sont d'une grande pertinence !*
—Jean-Paul
Poupart, directeur littéraire
Contraire aux avis et
vœux bien placés, la littérature n’est pas
simple divertissement,
opium du peuple instruit, marchandise
à vendre aux festivals,
ni vedettes à bic souriants…
Si, comme il déclare,
« le Québec est le paradis du consensus, »
lui n’a-t-il pas commencé
à en faire partie intégrale ?
Alors que moi en tant
qu’étranger d’un pays peu populaire,
je ne suis pas tellement
le bienvenu de ce fait mais surtout
car osant faire ce que
lui n’ose plus depuis qu’on lui laisse toucher
à la barre du docte
pouvoir et qu’il fait la sienne la clique trifluvienne
(oh, réseau de la poésie,
espèce de ferme subventionnée pour que
les bels et spirituels
autruches à plume peuvent y confortablement
pâturer sous la
protection de la division de la police culturelle
et sans devoir
s’inquiéter de la critique non lue et approuvée)
Son tactique
rhétorique—oh peu originale—de ceux à faute de
convaincants arguments,
c’est détruire le messager afin de
divertir l’attention de
son frappante
argumentation.
Eh oui, mais en
m’accusant de parler petit nègre (« Je moi très
parler bienne
française »), ne voit-il pas qu’il s’attaque lui-même
(oh, raciste, qu’en
penses-tu vraiment des Africains de chez toi
et surtout comment
expliquer ton vœu de me publier autrefois ?)
Qu’il aboie et exerce son
influence de pistonné afin d’empêcher
ma gueule de
« chien-chien, » comme il m’appelle,
de traverser les fils
barbelés de son camp de bardes gringalets.
Si on suivait sa douteuse
logique « pendant que [mon]
« gouvernement pend des
nègres dans sa cour, » ne devrait-il pas
non plus gaspiller son
temps
à me réprimander (quoique je
le remercie car cela
m’incite
à
créer),
à
se rassembler en brousse
de poètes de cabaret, et
à
écrire des « chansons pops pour des
stars préfabriquées » ?
Et que mon gouvernement « prépare les
plus grands crimes contre
l’humanité, » on doit être triste car
ce poète ne peux lire ses
textes dans la cour de son cher Saddam Hussein dont les crimes ne comptent guère puisque
la haine pour l’Amérique
empêche ce poète de voir clair.
(A-t-il jamais rêvé,
doit-on se demander, d’être amant de Staline,
consort de Mao, chum de
Pol Pot, ou chantre de Fidel ? À propos,
à
quand ce bouquin, Le Livre noir du Québec français, ou est-ce
un peu trop
Intouchable ?) Plusieurs domaines
à
la fois est-il
aussi interdit de
critiquer (oh, là, là, j’ai ben oublié quand il s’agit
de lui ce mot n’a plus de
validité), euh, de « vomir ma bile extra-
fromage » (oh spirituel,
ce docteur en lettres modernes de
l’université de la
Sorbonne semper
à
court d’arguments qui suggère
que je « crache l’extrême
puanteur du jus noir de [mes] couilles
pourries ! » ). Chu donc
hors-sa-loi, oh pauvre moi qui critique Bush,
le micro-monde de la
poésie de chez vous aut’, ainsi que celui d’ici.
Enfin, se moque-t-il si
prestement de la liberté d’expression, car
il a déjà vendu la sienne
pour quelques titres et cachets ?
(oh Monsieur le Prof,
Commissaire de Poème-Parking, combien
de ton âme as-tu vendu
pour arriver au statu quo de carriériste
littéraire, penseur en
rond, et faiseur de courbettes poètiquettes ?
Hé, Gaston, encore un
suceur d’érable pour ton camp en Mauricie !)
………………………………………................................................
*Propos que J-FP a écrit
à mon égard… avant que je ne le critique, bien sûr !
A l'égard de "Québec
est le paradis du consensus," Poupart m’avait
écrit vis-à-vis de son projet de me publier : « Je persiste à
croire que la poésie québécoise a sévèrement besoin d'une bonne dose
d'électrochocs et de remises en question. À cet effet vos idées et votre
verve sont d'une grande pertinence ! » Or, tout cela a bel et bien
changé pour le pire depuis qu’il a décidé de devenir partie intégrale du
"concensus." Il est devenu membre de ce
Réseau international pour la diffusion de la
poésie. Ses co-signataires comprennent, bien sûr,
un certain nombre d’adhérents de la liberté d’annuler les opinions qui
ne font pas partie de la pensée en rond, y compris et surtout
Denise Brassard
et Bernard Pozier, deux larbins de
Gaston Bellemare (voir la BD ci-dessous),
Chef mondial de la poésie.
Et oui, je creuse.
Or, c'est un choix conscient que j’ai fait et que
je continue à faire. Et oui, je choisis la vérité à l’encontre de la publication,
des invitations, des prix, des subventions, des cachets et surtout des amitiés
littérateurs. C'est plus fort que moi. Je me demande pourquoi ce n'est pas
aussi plus fort qu’eux autres. Pour
Stanley Péan,
ancien chef de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), ce
n'était pas plus fort que lui. « J'ai mieux compris les préoccupations partagées
par les écrivains avec les autres artistes québécois, notamment en rapport au
filet de sécurité sociale et au financement public des arts et des lettres. »
Sans doute, Péan a très bien compris ! La sécurité et la piasse priment
apitoyablement chez les écrivains et autres artistes, pour la plupart, et non pas
la vérité, le risque de critiquer ce qui est près, et le courage de dénoncer
toute la corruption incestueuse et intrinsèque qui pourrit la littérature et
l'art en général au gros profit du statu quo oligarchique ! Oh, tristesse !
J'ai
trouvé que parmi les critiques littéraires le plus grand nombre préférait la
bouffe à la littérature.
—Denise
Bombardier
Un poète aura, bon gré mal gré, ce choix de creusement de tombe à faire.
Poupart l'a fait. Il a jeté la pelle et s'est joint à la foule litté-rateur.
Moi, je l'ai fait aussi… mais je garde la pelle et continue
à
creuser. Maudit soit-il !
Au
Devoir, on a pu lire du premier ministre néerlandais,
Jan Peter Balkenende,
à propos de l'affreux assassinat du cinéaste
Theo Van Gogh
: « C'est un jour triste pour la liberté d'opinion qui est la pierre angulaire
de la démocratie et de l'État de droit. » Ces mots m'ont fait tout de suite
penser à mon propre futile combat au Québec pour la liberté d'expression. Oui,
on pourrait dire, pour ce qui le concerne, que
la liberté d'annuler les opinions
qui ne font pas partie de la pensée en rond est devenue la pierre angulaire de
l'Etat du statu quo littéraire québécois. Oh, tristesse !
Mais pourquoi la
tristesse? Parce que moi j'aime beaucoup le Québec, y ayant voyagé un peu
partout de Blanc-Sablon à Vieux-Fort, à Natashquan, aux îles de la Madeleine, à
l’île verte, à Anticosti, au Gaspé, et à Normandin. Or, étant poète polémiste
ardent, je ne peux que décrier la situation que j’ai pu découvrir chez les
littérateurs québécois, du moins ceux qui sont connus, pour la
plupart, des fonctionnaires-guidounes de la culture et de l'écrit. Ce qui leur importe ce
sont les piasses et le carriérisme et non pas la vérité. Oui, j'aime le
Québec. Mais un Québec ouvert
au débat et à la liberté d'expression serait encore nettement plus attrayant.
Quand je vivais en France pendant les années 80, un collègue français m’a dit : « Tu sais, Tod, la France c’est
un grand pays. C’est dommage que les Français ne sont pas à la hauteur. »
On pourrait dire pareil pour le Québec et les fonctionnaires culturels
québécois. Citons une guidoune culturelle québécoise (voir l'article
entier) qui, en toute évidence et surtout en toute aberrance, est fière de
l’être.
Nul journaliste culturel
digne de ce nom n'ignore en son for intérieur être un peu guidoune sur
les bords, attelé à la roue de la plogue pour le spectacle, le film, le
livre de la semaine, rivé au téléphone
à
la voix des attachés de presse qui réclament haut et fort la une du
cahier des Arts en guise de publicité gratuite pour leur poulain et
renâclent devant un refus. Guidoune culturelle ? You Bet !
—Odile Tremblay
C’est très
confession catho, n’est-ce pas? On se confesse d’être guidoune, puis on
est pardonné,
puis on peut continuer son petit chemin de guidoune... comme si rien ne l'était.
Que c’est simple ! Que c'est facile ! Voici un beau slogan pour toi, Odile, et pour
l'engeance soixante-huitarde itou :
« Je suis un vendu, fier de l’être
et me sens très bien dans la peau !
» Faut en faire une petite chanson. On
aurait pu la chanter chaque fois que
Denis Arcand paraissait
sur scène
pour recevoir des accolades pour les Invasions barbares.
Vu le nombre de
fiers vendus (oui, le terme est devenu anachronisme convénient pour des
raisons plus qu'évidentes), comment
peut-on être surpris que le Québec n'est toujours qu'une
province comme les autres et non pas un état indépendant ? Après tout,
l’indépendance ça prend du courage et si les littérateurs si bien instruits n’en
ont pas, pourquoi le reste de la populasse en aurait, n’est-ce pas
Patrick Bourgeois (Le
Québécois) qui choisit de me censurer car j'ai osé tout
simplement le questionner ?
Oh, tristesse !
Citons quelques rares rebelles, vis-à-vis du modus operandi littérateur
de
la liberté d'annuler les opinions, qui ne font pas partie de la pensée en rond.
Les critiques d’ici sont parfois d’une complaisance totale.
—Claude
Jasmin, Journées nettes
—C’est tragique,
c’est triste et c’est commercial. Vous comprenez. Le commerce avant toutes
choses. Il ne faut pas se faire d’illusions : la littérature est un commerce
comme le reste. Tout est à vendre et tout s’achète. —Et le talent ?
—On s’en fout du
talent, monsieur. Complètement. S’il y a quelque chose qui n’est pas
commercial, ne se vend pas, c’est bien le talent. Je dirai que moins on a,
mieux cela vaut. —Mais j’en ai, monsieur !
—Il vaut mieux ne
pas en avoir beaucoup [de talent], mais faire dans le commercial : les romans
d’amour à l’eau de rose, les policier, et si cela est nécessaire, pourquoi pas
des recettes de cuisine ?
—Raymond Lévesque
Allez-vous un jour cesser de nous faire chier avec
«notre belle langue française» ? Il ne s'agit pas de bien dire ou de mal
dire mais de dire. Tout simplement. De dire, haut et fort, l'injustice.
De dire l'oppression. De dire le mépris et l'exploitation. [...]
Évidemment, pour tous ces hypocrites qui font du sur place depuis
toujours, il suffit qu'un homme mette simplement un pied devant l'autre,
pour qu'on l'accuse d'aller trop loin. Pour ces lavettes pour qui
s'allonger sans pudeur est devenu une habitude de vie, un homme qui se
tient tout simplement debout ne peut être qu'un dangereux extrémiste.
[...] À écouter ces potineurs serviles, il faudrait élever un monument à
Bourgault parce qu'il n'avait pas peur des mots. Mais si vous avez peur
des mots, vous, dont le travail consiste précisément à manipuler les
mots, il faut changer de métier et devenir vendeur de beignes, marchand
de choucroute ou réparateur Maytag.
J'ai même entendu un petit annonceur de service à la radio dire que
«Bourgault repoussait constamment les limites de la liberté de parole».
Non, mais tu parles d'une andouille : lui et tous les autres, ils
acceptent sans mot dire les limites à leur liberté de parole ? Ils
ferment leur gueule à double tour pour garder leur job ? Ils s'écrasent
devant les boss d'Ottawa ? [Et ceux qui s'écrasent, mon Pierre,
devant les boss du Québec et de Trois-Rivières
?]
—Pierre
Falardeau
Pour ce qui
concerne Bellemare, j’ai osé, comme bon
creuseur de tombe et poète invité, le critiquer lors de son Festival
International de la Poésie de Trois-Rivières, 2001. Ou on est
larbin ou on est ostracisé au milieu littéraire québécois !
En
fait, à ce Festival j’ai été le seul poète parmi les 150 poètes invités qui a
osé critiquer ses gérants et poètes larbins...
à
haute voix devant eux.
Pourquoi
l’ai-je fait? Car
à
mon humble avis, le devoir d’un poète c’est surtout de faire précisément cela,
c’est-à-dire d’être non-conformiste et surtout
parrhesiaste (Ce mot grec veut dire parler la vérité à haute voix devant
les pouvoirs. Le
parrhesiastes formait une partie intégrale de la démocratie de la Grèce
ancienne—voir le
discours de Michel Foucault).
Il
est intéressant de noter qu'au tout début ma critique soit très bien
accueillie pa les poètes (consultez
mon
journal d'un poète
invité).
Tony Tremblay m’a même dit que j’étais la « découverte du
Festival. »
Voir ce que
M. Tremblay
dit aujourd'hui. Christine Germain,
Réjean Bonenfant, Denise Brassard, et
Yves Boisvert, entre autres, m’ont tous
félicité. Puis, au fur et à mesure, je me suis trouvé complètement ostracisé...
car j'ai osé ce qu'ils n’ont jamais osé : la critique du Festival et de toutes
les petites mains littéraires qui les nourrissent de subventions, prix, cachets,
et publications (pour une excellente étude documentée là-dessus,
voir le tout récent Art, argent, arrangement de
Robert Yergeau).
Au fond, Tremblay, Germain,
Bonenfant, Brassard, Guy Marchamps et Boisvert, entre autres, s’en foutent de la liberté
d’expression. Ils ne se concernent que de leurs propres carrières littéraires.
Oui, ce ne sont que des carriéristes… et l’espèce carriériste—politique,
universitaire, littéraire, et autre—est responsable, plus que n’importe quelle
autre entité, pour l’état moribond de la démocratie.
Le souteneur a toujours
ses privilèges, la putain, elle, le sait. Ne devenons pas les prostitués de
l'État !
—Claude Jasmin dans
« Les Artistes et l’État-Maquereau. »
Oui, le
régime duplessiste vit. Vive Duplessis et ses larbins littéraires !
Examinons les vœux pieux énoncés (voir L’aut journal, 11/04) par les
politiciens Bernard Landry ( « La culture ne saurait être subordonnée à
l’économique ») et Louise Beaudouin (« [la culture ne devrait être qu’] une
marchandise comme les autres » ). La réalité cependant c'est que ces deux politiciens ont
lutté pour en faire de la culture québécoise une marchandise tout à fait comme
les autres. Que dire de
Metropolis Bleu,
le Festival International de la Poésie de Trois-Rivières (voir
essais et
lettres ouvertes), la
Maison de la Poésie
d'Isabelle Courteau, et le Salon de livres de Montréal ? Voir l'article du critique
Robert Lévesque.
Pour le Salon de livres,
Jean-François Nadeau
(du Couac
et du Devoir) et Caroline Monpetit (du Devoir) en sont collabos
penseurs en rond économique. Du moins Denise Bombardier
(également du Devoir) arrive
à voir clair.
Certes, au fil des ans, le Salon est
devenu une foire commerciale de l'imprimé. Comme on n'arrête pas le progrès (et,
dans ce cas-ci, il s'agit de vendre la culture en en parlant le moins possible
et en la plaçant à l'arrière-scène), on s'attend l'an prochain à un Salon dédié
aux livres de décoration intérieure et, pourquoi pas, à la mécanique automobile.
Le Salon étant une institution financée en partie par les fonds publics, on est
en droit de se demander si l'argent du contribuable n'est pas détourné à des
fins purement commerciales. Ce serait dans la logique économique, rien à redire
là-dessus, sinon qu'il faudrait effacer les références littéraires qui donnent à
l'événement un standing intellectuel alors qu'il s'agit de stands de marchandise
écrite.
—Denise Bombardier
Y a-t-il un professeur de littérature au Québec qui ait le bon sens d’encourager
ses étudiants à examiner les trois articles sur le Salon de livres parus dans Le Devoir (11/04) et à considérer le Salon en tant qu’entreprise
commerciale... nettement plus que littéraire ? Quel genre de littérature y est
exclut ?
De
nos jours, les vedettes poètes québécois—grandes ou petites—, pour la
quasi-totalité, ne sont que des êtres faibles soumis aux diktats du pouvoir
littéraire cliquaire. Qu’ils contemplent les vers de Raymond Lévesque, un rare
poète parmi eux qui ose se tenir aux antipodes du troupeau poèticailleur !
Certes, au fil des ans, le Salon est
devenu une foire commerciale de l'imprimé. Comme on n'arrête pas le progrès (et,
dans ce cas-ci, il s'agit de vendre la culture en en parlant le moins possible
et en la plaçant à l'arrière-scène), on s'attend l'an prochain à un Salon dédié
aux livres de décoration intérieure et, pourquoi pas, à la mécanique automobile.
Le Salon étant une institution financée en partie par les fonds publics, on est
en droit de se demander si l'argent du contribuable n'est pas détourné à des
fins purement commerciales. Ce serait dans la logique économique, rien à redire
là-dessus, sinon qu'il faudrait effacer les références littéraires qui donnent à
l'événement un standing intellectuel alors qu'il s'agit de stands de marchandise
écrite.
—Denise Bombardier
Un poète doit donc choisir entre la carrière et la vérité. En toute évidence,
beaucoup trop de poètes québécois choisissent la première et non pas la seconde
option, n'est-ce pas Boisvert, Brassard, Pozier, Marchamps, Roy, Des Roches,
Tremblay, et
Beausoleil ? Comment donc créer une grande littérature vu cet état des choses
? A propos, aux Etats-Unis, la situation est tristement pareille. Est-elle de
même en France ? Ben, voici ce qu’un éditeur français (Editions Jacques Brémond)
m’a répondu à propos de mon « Pourquoi ne pas publier un recueil de
poésie très critique de la poésie, des poètes, et des mandarins littéraires ? »
Merci de votre correspondance le mieux serait tout de même que vous me fassiez parvenir une cinquantaine de
pages afin que je puisse me faire une idée mais soyez assuré qu'ici aussi, en France, on aime bien ce qui est assis, ce qui
assuré, ce qui conventionnel. la révolution... c'était il y a très longtemps... en 1789 ! depuis le monde s'est assagi et la poésie française aussi bien à vous jacques brémond 8 novembre 2004
En
tout cas, le Québec littéraire ne se trouve-t-il pas sous une sorte de seconde
Grande Noirceur bien que plus subtile que celle de Duplessis ? La liberté
d’expression des écrivains et artistes n’est-elle pas paralysée par l’idéologie
dominante gauchiste de « confort intellectuel » ? Les maisons d’éditions,
festivals et revues littéraires, subventions gouvernementales, et même les
chambres de commerce et commanditaires n’étouffent-ils pas l’esprit critique ?
N'encouragent-ils pas le conformisme et la clique ? Pour se sortir de ce carcan,
il faut un nouveau Refus global. En fait, comment ne pas penser au statu
quo littéraire d'aujourd'hui en lisant la citation de Léo Ferré (voir ci-dessus) ?
Vive donc la poésie, du moins celle qui ne détruit pas
notre confort intellectuel.
—Marcel Aymé, Le Confort intellectuel
Il
faut lutter contre les guidounes de la poésie et de la littérature en
général—ces mandarins et leurs béni-oui-oui des belles-lettres molles et non pas
engagées... parce qu'ils ne cherchent qu'à désamorcer la littérature en
la rendant impuissante. Ils ne cherchent qu'à supprimer la liberté
d'expression dans leurs manifestations littéraires tout en vantant que « tu peux
dire ce que tu veux, » n'est-ce pas M. Gaston Bellemare et
Maryse Baribeau
? C’est eux que le gouvernement paie pour définir la culture. Le Festival de
Trois-Rivières, par exemple, reçoit plus de $600,000 chaque année
en
subventions étatiques… et qui sait combien de la part des commanditaires.
L’argent c’est le pouvoir. C’est le pouvoir de promouvoir certains poètes.
C’est un déterminant clef pour qui sera mis sur les étagères des librairies et
qui sera tout simplement enseveli dans les oubliettes. C’est la raison pour
laquelle je continue à lutter et à dénoncer, même si futilement. La poésie n’est
pas simplement fleurs, amours, divertissement, et critique à la mode primaire
anti-américaine à la Yves Boisvert. Neruda le savait très bien et
l’a décrit parfaitement dans « Serán
Nombrados. »
Mientras escribo,
mi mano izquierda me reprocha.
Me dice por qué
los nombras, qué son, qué significan?
Por qué no los
dejaste en su anónimo lodo
de invierno, en
ese lodo que orinan los caballos?
Y mi mano derecha
le responde: “Nací
para golpear las
puertas, para empuñar los golpes,
para encender las
últimas y arrinconadas sombras
en donde se
alimenta la araña v |