
Odile Tremblay
La Guidounerie, une peste entropique,
culturelle, littéraire
et autre...
Très
peu de chroniqueurs de la presse font des chroniques vraiment critiques et
vraiment indépendantes. En fait je n’arrive même pas
à en nommer un seul qui fait autrement ni pour le Québec ni pour les USA,
là où
j’habite. Ce phénomène au Québec possède
un nom : la guidounerie de la presse. En fait et sans doute la plupart des
citoyens se contentent d’être guidoune d’une façon ou d’une autre… et c’est la
raison pourquoi le Québec n’est pas indépendant et les USA a son BUSH.
Enfin, il
est important que tout dissident s’engage à une
campagne active contre cette armée de guidounes carriéristes fonctionnaires de
tous genres. Ecrivez-les ! Critiquez-les en publique ! Qu'ils sachent qu’on
n’est pas tous dupes !
1. Article d'Odile Tremblay ("Guidounes
culturelles"), chroniqueuse au Devoir
2.
Courriel
à
Marie Labrecque,
chroniqueuse au Devoir, vis à vis du Salon du livre de Québec - Les
univers parallèles d'Élisabeth Vonarburg
3. Définitions de guidoune
Guidounes culturelles
(Odile Tremblay, Le Devoir,
7 novembre 1998)
Ça a commencé
comme toute bonne campagne promotionnelle par une petite affiche expédie via le
réalisateur de l'émission aux
chroniqueurs du secteur: «Etes-vous une guidoune culturelle ?»
Ce genre de question imprimée noir sur blanc produit son
effet hilarant.
Nul
journaliste culturel digne de ce nom n’ignore en son for intérieur être un peu
guidoune sur les bords, attelé
à
la roue de la plogue pour le spectacle, le film, le livre de la
semaine, rivé au téléphone
à
la voix des attachés de presse qui
réclament haut et fort la une du cahier des Arts en guise de
publicité gratuite pour leur poulain et renâclent devant un refus. Guidoune
culturelle ? You Bet ! Mon collègue Stephane a
même collé l’affichette en question sur le mur
à
titre de griffe-conscience aux masos du secteur. Souvenez-vous
de votre rôle promotionnel ici-bas, mes frères... Ou bien, brisez vos chaînes,
envoyez balader tout ce beau monde et défrichez des terres nouvelles.
Apres l'affiche vint le produit, une cassette du radio-théâtre de Pierre
Falardeau Le Souper. Précisons que l’émission sera diffusée au
réseau FM de Radio-Canada, à 19h30 le 15 novembre
prochain. Hélas ! Il sera peu question des journalistes. Falardeau injurie
notre engeance grassement et en vrac, mais sans développer le sujet. Il y
aurait eu pourtant tellement
à
dire... «Ce sera pour une prochaine fois», me promet-il au
téléphone. J'espère bien.
De
quoi parle donc notre pamphlétaire national dans cette émission? De pub: ceux
qui en tournent, ceux qui jouent dedans, ceux
qui refusent d'y toucher de peur de se salir les mains. De télé
aussi, grosse machine
à
manipulations collectives. Pas de dérapages majeurs a l'encontre de la
précédente dramatique radio de Falardeau Le Cauchemar, si violemment sexiste. On
est entre copains qui s'aiment bien mais ne
mangent pas le même pain culturel, même s'ils dévorent un
unique chevreuil
à
une table commune. Les convives sont
polis, pas d'accord entre eux, cyniques ou pas, sans trop de
nuances, mais polis. Un débat civilisé en somme avec la couleur Falardeau.
Lors
d'un souper entre amis, trois voix s'expriment. La source d'inspiration est une
discussion entre Pierre Falardeau, Jean-Claude Lauzon et Julien Poulin.
Falardeau vous dira qu'il s'agit d'une pure fiction, non d'un documentaire,
avant d'avouer avoir puisé à
lui-même et aux deux autres, en ajoutant ça et là
des réflexions entendues ailleurs. Mais pour Lauzon, impossible de s'y tromper.
Pas très maquillé qu'il est, le défunt cinéaste qui ne tournait plus que des
films publicitaires en fin de parcours et vante ici,
à
travers la voix de Jacques
L'Heureux, l'argent vite fait qui n'a pas d'odeur mais aide
à
payer l'avion, le bois, la paix. «Le cinéma c'est un produit comme
les hamburgers », dira son personnage. « La tévé, ça sert juste à vendre des
spectateurs à des annonceurs. »
Ajoutez un Roger Léger peu et prou dans la peau de Poulin
trouvant bien désagréable d'avoir
à
s'emmerder à
des
auditions de pub, mais que voulez-vous? Quant a Falardeau, il s’incarne
lui-même : cinéaste rejeté par les institutions, refusant de tourner
des films publicitaires comme le fait son copain. Suivra
son lamento habituel centre les 200 bureaucrates qui se mêlent des scénarios.
Air connu, déjà développé
dans Le Cauchemar.
L'ombre des Patriotes rejetés par Téléfilm passe.
Ce qui
sonne plus neuf, c'est tout le débat autour de là putasserie culturelle. Et on
s'étonne de trouver ça neuf, tant c'est vieux.
II y a quinze ans, vingt ans, ce genre de discussions roulait ferme. Plusieurs
réalisateurs et comédiens refusaient le moindre contact avec une annonce de coke
ou de déodorant.
Aujourd'hui... chacun a mis de l'eau dans le vin. Quand Falardeau dans
l'émission proclame qu'il aime mieux crever que de faire de
la pub, on se dit que ça fait des lunes et des soleils que ce discours-là n'a pris la cote. Qui songerait encore
à reprocher quoi que ce soit
à des
artistes adhérant des choses qu'ils
détestent pour gagner leur croûte? Personne. Il faut bien vivre, après tout. On l'a tous compris.
L'heure n'est plus aux débats
d'opinions. C'est un peu triste d'ailleurs. En fait, ça rend le paysage monotone.
« J’vas pas
me mettre à faire ce que j'ai dénoncé pendant trente ans », lance
Falardeau dans la dramatique.
« Lâche-nous avec l'honnêteté. Tu sonnes comme un curé.
C'est
fini, tout ça», lui répond le cinéaste.
Ca ne me dérange pas que Falardeau joue au pur
à
travers cette
émission, même s'il s'en défend en affirmant que la pureté et la dureté
n'ont rien à voir la dedans, que la vie est juste trop courte en
somme. De toute façon, il n'en tourne pas de films publicitaires, Falardeau. II
a bien le droit de défendre quelques principes sur
la question. Ce qui me dérange, c'est que ça prenne Falardeau avec ses sacres et
ses sabots pour appuyer tout seul cette position-là. Quand il dit : « On n'est
pas la pour faire des jolis films, mais pour parler de la vie », ça me plait. Ce n'est
pas que les autres points de vue ne se défendent pas : le cash, la
nécessite pour un comédien de se déguiser en chip ou en bouteille
de ketchup pour vivre, celle pour un cinéaste d'oublier le
rêve des grandes oeuvres pour filmer une annonce de bagnole et faire la passe
avec ça. Mais il n'y a plus grand monde pour se cramponner à des positions
résistantes. Ca, c'est sur.
Au moins, Falardeau, il s'indigne encore. Sans les gants, mais en ramenant
les questions de principes sur le tapis. Guidounes culturelles ? Ben oui !
Tout le monde défend des produits jetables en
appelant ça de la culture. Culture : les mauvais téléromans.
Culture : les films québécois qui copient les recettes des
autres. Culture : les plus insignifiantes chansons qui font rimer
amour et toujours. En autant que ça soit en français, on
s’enrobe dans le drapeau de la fierté nationale et on s'exclame.
Surtout si ça pogne à
l'étranger.
Au
téléphone, Falardeau me dit qu'il ne veut pas tomber dans le discours de la
nostalgie, mais qu'au temps de sa jeunesse, les gens avaient des attentes autour
des nouveaux films de Groulx,
d'Arcand, de Perrault, des oeuvres qui se voulaient davantage que
des produits. II se rappelle aussi qu'en chanson, les Vigneault, Leclerc
roulaient quand même dans un autre registre qu'Isabelle Boulay et Céline Dion;
il trouve
qu'aujourd’hui, on mélange tout.
II
n'a pas tort là
dessus. II fallait voir dimanche dernier, au gala de l'ADISQ
Jean-Pierre Ferland plus flagorneur que jamais s'extasier
devant la plus belle, la plus extraordinaire, la plus grande artiste québécoise
du siècle. La plus célèbre, oui, avec une voix, oui,
mais quand même feu Pauline aurait pu lui donner des
leçons de grandeur à Céline Dion. Je ne sais pas si elle est vraiment simple
d'ailleurs ou si elle fait le coup de la simplicité qui grandit les stars, mais
je sais que tout le monde lui baise les pieds en s’extasiant qu’elle daigne
encore
se croire Québécoise et
jouer a la Môman.
Peut-être que le seul vrai
point
commun entre Félix Leclerc et Céline Dion, finalement, c'est que les
deux ont eu besoin d'un label de qualité estampillé à
l'étranger
pour que le Québec s'agenouille devant eux, à coups
d'hommages et d'émissions spéciales, toutes guidounes
culturelles
unies.
2. Courriel
à
Marie Labrecque
C'est une publicite que
vous ecrivez pour cet auteure et ce livre... ou une critique ? Quels profs et
quelle fac vous ont enseigne de faire ainsi? On vous paie pour f. de la pub
tres legerement deguisee, c'est ca ? Vous etes donc publicitaire et non pas
chroniqueure de presse? C'est un phenomene interessant de nos jours, n'est-ce
pas? Les journalistes travaillent de pres avec les auteurs, maisons d'edition,
festivals de livres, etc. au point ou la critique intelligente se fond en
liquide publicitaire. Vous etes fiere de votre travail de... guidoune de la
presse ?
Au plaisir,
G. Tod Slone
3. Définitions de guidoune
http://www.rabaska.com/super/chroniques/2003/02/guidoune_go.htm
Rabaska Multimedia
Chroniques culturelles
10
février 2003
Capsule de chez nous
par Serge Fournier
Le mot de la
semaine
GUIDOUNE
GUIDOUNE,
GUEDOUNE, GUÉDOUNE [gidun] [gedun] :
Nom fém. et adj.
Définitions
:
I.
Péj.
vulg. Nom fém. Femme facile, qui a une vie sexuelle très libre, généralement une
prostituée ; par ext. femme (terme d'insulte).
Exemples
d'emploi
:
1.
« On est pas mal tout seuls au coin de la rue, étant donné qu'à Noël,
même les guidounes [déf. en note : " racoleuse "] vont dans leurs
familles.
»
(Gratien GÉLINAS. « Tit-Coq » p.19, Montréal, Beauchemin, 1950, 196 p.
[la pièce a été créée en 1948], JunLex, 1977, p.188.)
2.
«
Quand il revient avec le printemps
Il a les poches ben bourrées d'argent
Il prend un coup et avec une guidoune
Il vient chercher mon père pour une balloune »
(Raymond LÉVESQUE.
«
La
famille » (chanson), 1951.)
3. « Il s'ennuyait tant sur son petit bateau qu'il amena un jour une fille, puis un ami avec une guidoune, lui aussi, des filles fabuleuses, fantastiques, avec des postérieurs qu'on aurait cru qu'elles caleraient le " Wagner III " en s'y asseyant, des filles aux perruques roses ou platine vif. » (Jacques GODBOUT. « Salut Galarneau ! », p.67, Paris, éd. du Seuil, 1967, 155p., NéoClas.)
4. « [...] je siffle de préférence les filles qui marchent les fesses serrées en mâchant du chewing-gum et en se tapant sur les cuisses, elles font semblant les guidounes de ne pas me voir [...] » (Victor-Lévy BEAULIEU. « La Nuitte de Malcom Hudd », p.168, Montréal, éd, du Jour, 1969, 229p., NéoClas.)
5. « Tu peux te mettre à caller une danse carrée, la guidoune, je danserai pas. » (Jean-Jules RICHARD. « Centre-ville », p.55, Montréal, éd. L'Actuelle, 1973, 232p., NéoClas.)
6. « [...] de chanteuses western et de chanteuses topless (ou de chanteuses western et topless...), de guidounes de la Main [...] » (Robert Guy SCULLY. « Le Paradoxe de Gilles Carle », dans Le Devoir, 10 fév. 1974, p.13, col.03, NéoClas.)
7. « Sur cette rue-là, tu te fais accorder [sic] par une guidoune toutes les 5 minutes. » (Enquêtes menées pour le TLFQ. [L'Assomption, Repentigny], 1987, FTLFQ.)
8. « Les mots critiqués ou vulgaires sont traités de façon variée, parfois contradictoire, sans que l'on saisisse vraiment pourquoi. Par exemple, le Plus [Dictionnaire du français plus] [...] Le mot péjoratif putain fait l'objet d'un article assez long. Les rédacteurs québécois, probablement plus pudiques que leurs confrères parisiens, n'ont pas cru bon, eux, de retenir guidoune (ou guedoune). » (Claude SIMARD. « Les besoins lexicographiques du milieu de l'enseignement du Québec », dans Dix études portant sur l'aménagement de la langue au Québec [collectif], Coll. Notes et Documents, No 76, Conseil de la langue française, 1990 [C164].)
9.
« Non, mais, Corinne, m'as-tu regardée ? Ai-je une tête à me déguiser
en gros lapin noir avec une touffe de minou rouge dans le derrière ?
Ris pas, y en a qui le font !
Ça, c'est leur problème ! Mais aussi longtemps que les femmes vont se déguiser
en guidoune,
les hommes
vont les traiter en guidoune ! »
(Marcelyne CLAUDAIS. « Comme un orage en février... », p.374,
Boucherville, Éditions de Mortagne, 1990, 407p., FTLFQ.)
10.
« [...] Juste pour vous donner un exemple, à la fin du premier acte, y
a une guidoune qui rentre en scène, elle aperçoit une vieille fille qui
est là depuis un p'tit bout d'temps, pis elle lui dit carrément : " Ah ben,
câlisse ! Angéline ! Que c'est tu fais icitte, toé ! "
Qu'est-ce que tu nous racontes là ! Y a un personnage dans une pièce
canadienne qui dit " Câlisse " !!! »
(André MONTMORENCY. « De la ruelle au boulevard », p.135, Montréal,
Leméac, 1992, 275p., FTLFQ.)
11. « [...] dès les premiers jours j'avais livré un poulet complet avec deux frites, deux sauces et deux cokes à une guidoune du Manoir Mercier, au coin de Parthenais, qui m'avait dit : " R'viens donc me voir dans quequ's'années, mon beau, on va arranger ça, c'te p'tit teint pâle-là ! " » (Michel TREMBLAY. « Douze coups de théâtre », p.45, Montréal, Leméac, 1992, 267p., FTLFQ.)
12.
« J'étais dans la rue, toute la nuit, je faisais la rue, comme une
guidoune qui ne se décide pas à harponner quelqu'un, une guidoune
sous-douée en début de carrière. J'ai fait tous les bars du boulevard
Saint-Laurent, l'un après l'autre. » (Monique PROULX. « Homme invisible à
la fenêtre », p.115, MontréalParis, BoréalSeuil, 1993, 239p., FTLFQ.)
SYNONYMES : greluche, guedache, pelote, pitoune, guedaille, etc.
SYNTAGME :
grosse
guidoune, sentir la guidoune.
II.
Péj.
vulg. Nom fém. et adj. Par ext. Qui cherche à plaire à tout le monde, qui
n'hésite pas à s'abaisser pour arriver à ses fins.
Exemples
d'emploi
:
1. « Y'a-tu plus guidoune qu'un politicien, c'est prêt à tout[e] pour arriver à ce qu'y veulent avoir : des profiteurs... à plein nez. » (Inf. masc. 53 ans, Hérouxville [ Mauricie ], 1979, CELM.)
2. « Des fois la chicane pogne parmi ces intellectuels-là, y se traitent de guidounes intellectuelles et pis les journalistes deviennent à leur tour des guidounes de la presse. À la fin, tout le monde est guidoune. » (Inf. masc. 55 ans, Shawinigan, 1982, CELM.)
3. « De manière humoristique, et pour attiser un peu la flamme du débat, j'ai repris, dans mon titre, une expression d'un critique de l'aut'journal, René Boulanger, et je l'ai reformulée ainsi : " Jacques Godbout est-il vraiment une belle guidoune ? " Pour tout dire, j'ajoute que mon texte faisait aussi référence, en introduction, " à la fatigue culturelle de Jacques Godbout ". » (Clairandrée CAUCHY. « La social-démocratie était dans la rue », Archives, Colloque du PQ, No 163, octobre 1997.)
4. « Ça a commencé comme toute bonne campagne promotionnelle par une petite affiche expédiée via le réalisateur de l'émission aux chroniqueurs du secteur : " Etes-vous une guidoune culturelle ? " [...] Nul journaliste culturel digne de ce nom n'ignore en son for intérieur être un peu guidoune sur les bords, attelé à la roue de la plogue pour le spectacle, le film, le livre de la semaine [...]. » (Odile TREMBLAY, dans Le Devoir, 7 et 8 nov. 1998, p. B14, col.1, FTLFQ.)
5. « On savait que son collègue de Chomedey, Thomas Mulcair, pouvait être très vicieux dans ses questions à l'Assemblée nationale, mais il a dépassé les bornes de la goujaterie quand il a qualifié l'ancien ministre Yves Duhaime de « vieille plotte », qu'il désirait voir condamnée à la prison pour trafic d'influence. En fait, il semble que M. Mulcair ait plutôt dit « vieille guidoune », mais il n'a pas cru bon d'insister pour rectifier les faits. E » (Michel DAVID. « Le bulletin de l'opposition », chronique dans Le Devoir, jeudi 13 juin 2002.)
6. « Moé parano ? Dis donc ! N'est-il pas grand temps que les poètes vedettes du Québec et ailleurs cessent de faire les guignols-guidounes de service et trouvent le courage une fois pour toutes de parler franc et ouvertement ? » (G. Tod SLONE. « Au Québec la poésie fout le camp… comme ailleurs d'ailleurs », texte paru dans Le Québécois, juillet 2002.)
HISTORIQUE
: Guidoune nom fém. est un emprunt du germanique waizda qui a
donné en français par mutations phonétiques guède, guesde,
gesde, (fin XIe s.), aussi écrit waide (v. 1165), qu'on
retrouve dans les parlers du Centre et de l'Ouest de la France avec les
acceptions de « chienne en chaleur » et « femme de mœurs faciles » (FEW). Il
faut aussi considérer l'influence possible de l'argot parisien guedole «
fille de mauvaise vie » (FEW).
Au Québec, la première attestation de guidoune «
prostituée
et femme de mœurs légères » est tardive (1927).
Le suffixe oune
[un] de guidoune, aussi un héritage des prononciations des parlers de
France et du parisien populaire, marque souvent l'appartenance d'un fait de
lexique québécois au vocabulaire érotique, ainsi bisoune, minoune,
foufoune, noune « sexe de la femme » (CELM), pitoune «
femme vulgaire » (CELM), ratatoune « putain » (CELM).
D'autres acceptions
marginales (à partir de 1960) apparaissent comme des emplois imagés de
guidoune et constituent des innovations sémantiques, c'est le cas de «
putain ches les homosexuels », « seins », « bottes de feutre », «
grosse machine
à transporter le bois », « tronçonneuse » et « pénis » (JunLex, CELM).
En Acadie, le mot est relevé avec sa première acception et avec la signification
spécialisée de « vieille embarcation ».
Catégories
:
I. Dialectalisme;
II. Innovation sémantique;
III. Autres : innovations sémantiques.
Serge Fournier
avec la collaboration de
Guy Rivard
(de Rabaska Multimédia) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la
collecte des exemples I-2 et 8; II-5 et 6.
L'auteur est professeur de littérature et de linguistique au Collège Shawinigan,
vous pouvez le joindre à l'adresse électronique
sefourni@sh.cgocable.ca.
© Serge Fournier & RABASKA MULTIMÉDIA inc. (2000-2003) Tous droits réservés.
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