The American Dissident
A Literary Journal of Critical Thinking
In the Samizdat Tradition of Writing against the Machine
A Forum for Examining the Dark Side of the Academic/Literary Industrial Complex

 

Julie Tremblay

Jet d'encre (Université du Québec à Sherbrooke)

Dans le courriel de Julie Tremblay, je souligne en caractères gras l'inanité poèticailleuse qui m'a poussé à lui répondre. Tremblay n'a pas osé me renvoyer la balle. C'est le silence typique des littérateurs du petit pouvoir. Remarquez bien comme elle réduit l’intérêt d'une revue littéraire universitaire « aux attentes des lectrices et des lecteurs de la revue qui souhaitent voir publier des textes aux imaginaires variés, dont les voix singulières et les formes neuves étonnent. »   Ça sent l'autruche, n'est-ce pas?  Et qui, nom de Dieu, encourage cette "autruchité"... sinon les profs de confort intellectuel ?

 

Le mardi 16 mars 2004
Monsieur Tod G. Slone,
La présente est pour vous informer que vos textes, « L'audace de douter»,  « Aux armes, maudits! », « Aux fers, poètes! », «La poésie : leçon première », « Poème anglo-contaminé… » et «  Pour la poésie qui couteaut », n'ont pas été retenus par le comité de lecture de Jet d'encre. Étant donné la grande quantité de textes que nous recevons, il nous est malheureusement impossible de préciser les motifs pour lesquels ceux-ci ne sont pas publiés. Mais sans doute vos textes nous ont-ils paru moins bien correspondre aux attentes des lectrices et des lecteurs de la revue qui souhaitent voir publier des textes aux imaginaires variés, dont les voix singulières et les formes neuves étonnent. Sachez toutefois que vos textes ont été lus avec attention et égards, et que notre décision ne constitue pas un jugement sur votre production littéraire. L'équipe de Jet d'encre vous est reconnaissante de l'intérêt que vous manifestez à la revue.

Julie Tremblay
Publications Jet d'encre inc.
Département des lettres et communications
Faculté des lettres et sciences humaines
Université de Sherbrooke
Sherbrooke (Québec) J1K 2R1
 

Madame Julie Tremblay,
Merci pour votre reponse, bien que pas tellement joyeuse, ni tellement surprenante.  J'aimerais savoir ce que votre comite a vraiment dit vis-à-vis de mes textes.  Mais c'est sans doute trop demande.  Oui, vous recevez « grande quantité de textes » mais aucuns comme les miens, aucuns aussi tranchants, aucuns qui osent critiquer les poetes et leurs publications et evenements.   Or, un journal de fac devrait s'ouvrir a de telles critiques comme les miennes au lieu de fermer les portes sous des pretextes qu'elles ne se casent pas.

« Mais sans doute vos textes nous ont-ils paru moins bien correspondre aux attentes des lectrices et des lecteurs de la revue qui souhaitent voir publier des textes aux imaginaires variés, dont les voix singulières et les formes neuves étonnent. »  

Cette phrase me fait rigoler un tantinet bien que tristement.  « Des textes aux imaginaires varies » !  Mais quelle niaiserie !  Vous voulez plutot dire des textes a « divertissement sans portee, »  n'est-ce pas ?

« Dont les voix singulières et les formes neuves étonnent. »  Formes neuves ?  Cependant la poesie devrait etre nettement plus que des formes neuves emises par des voix singulieres !  Ce qu'il faut, ce dont nos deux societes ont tellement besoin, c'est du FOND qui gueule, qui secoue et qui tape !   Et Rimbaud ???  C'est vous, vos collegues et vos profs qui etes satisfaits dans vos petits postes securitaires qui ne cherchez qu'a desamorcer la poesie en ne publiant que celle qui manifeste formes « neuves » bien que pas mal deja vu et surtout sans fond engage.  

Et pourquoi ne pas reserver une page dans votre revue pour des textes qui ne correspondent pas aux attentes de vos lectrices et lecteurs ?  Cela rendrait votre revue sans doute unique au Quebec !  Ou mieux encore pourquoi ne pas utiliser cette citation de Marcel Ayme comme la devise de Jet d'encre ?   « Vive donc la poésie, du moins celle qui ne détruit pas notre confort intellectuel. »  Comme cela, vous ne recevrez jamais des textes aptes a vous derangez comme les miens.  

Il faut que vous vous demandiez et que vos lecteurs et lectrices se demandent POURQUOI vous etes si fermes a la dure critique lancee contre, par exemple, le Festival International de la Poesie de Trois-Rivieres, les revues quebecoises et les petites vedettes litteraires quebecoises.   Au Quebec, il semble que l'ambiance litteraire frise celle decrite par Solzhenitsyn dans sa memoire litteraire The Oak and the Calf.  Il faut que vous vous demandiez pourquoi vous etes si incurieuse vis-à-vis, par exemple, de mon site web qui critique, entre autres, la poesie quebecoise.  

Enfin, la litterature de fac et les produits humains issus des programmes litteraires universitaires, ainsi que les medias et les societes vendeuses de bouquins, sont largement responsables pour le declin de la valeur, de la pertinence et surtout de la puissance de la litterature en general au Quebec… et aux Etats-Unis.   Oui, nos deux pays ont quand-meme cela en commun.  

Et pourquoi ne pas inviter quelqu'un comme moi pour livrer un discours a l'universite de Sherbrooke a cet egard ?  J'aime beaucoup votre ville.  Quand j'ai du boulot, je suis prof… mais prof qui ose questionner et critiquer a haute voix ses collegues et leurs maitres… oui, un prof plutot unique.   Existe-il un prof comme moi a Sherbrooke ???

A propos, j'ai suivi quelques cours de Richard Giguere il y a des lustres.  Qu'est-ce qu'il fait maintenant ?  Il est retraite… sans doute en esprit depuis des lustres ?  Montre-lui cette lettre.  Il me connaît.  

Au plaisir,

G. Tod Slone, Ed.
The American Dissident (www.geocities.com/enmarge)
A Literary Journal in the Samizdat Tradition
A Forum for Examining the Dark Side of the Academic/Literary Industrial Complex
“Truth, Wisdom, and Protest in Poetry and Writing in the Spirit of Revolutionary Patriots”

Cours de Poesie 101.  Semaine 1.  Lire « Preface » de Leo Ferre et « L'Artiste et son Temps » d'Albert Camus.  Examinez et expliquer le suivant tire du dernier :  

De quoi parlerait-il [l'art et la littérature] en effet, aujourd'hui?  S'il se conforme à ce que demande notre société dans sa majorité, il sera divertissement sans portée.  S'il la refuse aveuglement, il n'exprimera rien d'autre qu'un refus.   Ce double nihilisme a affecté une grande partie de la production contemporaine qui est celle d'amuseurs ou grammairiens de la forme, mais qui, dans les deux cas, aboutit dans un art coupé de la réalité vivante.

 

 

 

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