The American Dissident
A Literary Journal of Critical Thinking
In the Samizdat Tradition of Writing against the Machine
A Forum for Examining the Dark Side of the Academic/Literary Industrial Complex

Réponses positives à cette page
Pour expliquer le peu de réponses ouvertes à cette page dévouée au milieu littéraire québécois, nous citons le directeur de l’Inconvénient Alain Roy : 

A cause de son exigüité, le Québec tolère mal le genre de la polémique.  Tout le monde se connaît ou presque dans notre petit monde de lettres : professeurs de littérature, éditeurs, écrivains, journalistes littéraires, entre tous ces gens il n’existe souvent qu’un seul « degré de séparation ».  Si le phénomène se vérifie avec n’importe quels Québécois qui se rencontrent sur la plage aux Etats-Unis, on imagine sans peine l’effet d’inhibition qu’il peut produire dans un milieu aussi restreint que celui de l’édition littéraire.  Le polémiste qui aurait la naïveté de vouloir dire les choses telles qu’elles sont serait rapidement isole, persona non grata, brebis galeuse à l’ ecart du troupeau.

Sur cette page, nous présentons les réactions positives de Patrick Léveillé qui s’est arrêté tout d’un coup de m’écrire. Pourquoi ?  Le désir de la notoriété a-t-il tout d’un coup pris le dessus sur celui de la vérité ?  Qui sait ?  A propos, la BD qui figure sur cette page a été inspirée par Patrick.  Pour d'autres commentaires, voir les remarques de Mathieu Sévigny.
 

From:  "PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com
To: 
todslone@yahoo.com
Subject:
 les écrits des forges...
Date:
 Tue, 29 Nov 2005 21:43:38 -0500

Heureux de constater que vous avez exactement la même opinion que moi sur Bellemare, son festival de poésie et ses poètes mous!  C'est parce que j'ai refusé de participer à la "clique" de Bellemare que je me suis vu extirpé du droit de publier mon troisième livre chez l'éditeur trifluvien... De toute façon, je ne faisais pas très bonne figure dans ce catalogue pâle, navrant et docile!  D'ailleurs, je n'ai jamais participé à une seule des activités de Bellemare, car je ne voulais pas être du troupeau de ces poètes qui oublient qu'ils encouragnent indirectement le petit totalitaire de Trois-Rivières!

Mes salutations,|
Patrick Léveillé, poète

 

From:  "George Slone" <todslone@yahoo.com>
To: 
"PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com
Subject:  les écrits des forges...
Date: 
Thu, 1 Dec 2005 08:41:14 -0800 (PST)

Patrick,

Merci pour le courriel.  Oui, on est d’ac sur Bellemare et Cie.  Ah, qu’ils doivent me detester, lui et sa concubine Maryse !  En fait, la machine trifluvienne de la poesie, comme toutes les autres ici aux States et chez vous aut’, n’est qu’une perversion pure et simple qui ne puisse exister que grace aux nombreux troupeaux de poetes pervertis, domptes, et sans principes aucuns qui veulent bien qu’on leur controle et censorise en echange de quelques piasses et petits moments de « gloire » … et qu’on rend le metier de poete confortable, « acceptable » et sans risque aucun. 

Comment ne pas penser a ce Yves Boisvert devant son atelier de poesie pour vieilles femmes ?  Oui, je l’ai surpris un jour et ca l’a carrement gene.  Mais lui critique Bush, donc il est gauchiste radicale lu et approuve… du moins par le « petit totalitaire » (ah, que j’aime bien ce sobriquet !).  Mais que c’est facile ! 

Garde-moi au courant si possible.  Je trouve fascinant le milieu litteraire au Quebec, et ca me manque Trois-Rivieres.  J’ai toujours aime cette ville.  Mais je n’ai pas mis les pieds depuis ce festival 2001.  Peut-etre qu’un jour je reviendrai pour protester contre le festival.   

Au plaisir,
G. Tod

 

From:  "PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com
To: 
todslone@yahoo.com
Subject:
 L'Empire contre-attaque!
Date:
 Fri, 02 Dec 2005 02:11:40 -0500

Bonjour G. Tod,

faut pas trop en vouloir à nos poètes québécois, à nos instituations bien huilées qui marchandent poésie, littérature, musique et cinéma comme si c'était du popcorn au caramel!  En fait, c'est simplement une suite logique à toutes expériences humaines; celle de disparaître en tant que créateur-conscience dès que l'adversité se pointe le bout du nez.  En cela, la majorité des "poètes" publiés chez les 3-4 gros éditeurs du Québec, ne sont, en quelque sorte, que les amis de ceux qui ont su téter les meilleures subventions aux 2 paliers de gouvernement!   La plupart des poètes des Écrits des Forges sont des amis et connaissances du couple Pozier-Blouin, souvent même des professeurs du Cégep et Joliette... Ce fût même le cas pour moi-même, j'étais l'étudiant de Pozier en 1995-1996 à Joliette et je me suis ramassé à publier 2 recueils aux Forges!  Certes je n'ai pas tété mes publications, car ce n'est pas dans ma nature. Au contraire, je trouvais qu'un peu de subversion donnerait un peu d'éclat aux Forges...maison d'édition qui, selon moi, était la moins pire dans le monde de la poésie bcbg qui peuple notre monde! Souvent, j'avais l'impression que je vivais une expérience surréaliste, voire littéralement cochonne!  Un peu comme si le Prions en Église avait décidé de publier Antonin Artaud sans même avoir lui ce qu'il écrivait!  J'avais déjàeu cette sensation à l'école secondaire, quand j'avais été celui derrière la rédaction de la section satirique de notre album des finissants!  Le résultat: nous avons été la seule année à se voir retirer un tableau d'honneur de nos photos dans la cafétéria!  En plus, l'école a jeté l'album de notre année, car le contenu "acide" s'harmonisait mal avec le ton beige de ladite école!  Faut dire que j'avais vraiment joué la carte de la liberté, c'était une belle démonstration d'un droit de parole lumineux et provocateur!  Avais-je le choix, tout le monde parlait des aventures de notre directeur avec une secrétaire, de la médiocrité de certains professeurs... C'était normal dans ma tête que dès que j'aurais une plume, de l'espace et un public que j'allais faire la démonstration de A+ B que cette liberté d'_expression est une peau de chagrin sur la bine de nos crayons!  

C'est ce qui m'est arrivé avec Bellemare, ce curé de la poésie grand public!  Quelques mots de travers et l'orgueil commence à valser avec  la grande serpe!  C'est fou mais dès ma première rencontre avec le grand curé, j'ai tout de suite eu la gratification intérieure de savoir que je n'étais pas comme lui!  Je n'étais pas un "petit moineau qui siffle des poèmes aux amoureux"  J'étais à l'université, il était l'invité de notre classe de création, alors la bande de paresseux qui était avec moi ne faisait qu'écouter avec admiration la voix "du grand sage" qui avait déjà mangé avec Guillevic!  Wow, moi qui n'avait mangé que dans des restaurants minables, c'était assez impressionant!  En fait, c'était ma première impression d'un type que j'allais vomir progressivement, tel une grippe aviaire avant-gardiste!  Ce n'est pas que je le déteste, mais tout ce qu'il fait me donne la gastro poétique!  Et comme j'aime passer davantage de temps dans la nature que sur le bol de toilette, j'essaie de ne pas trop fréquenter ledit personnage!  D'ailleurs, aucun individu des Forges (outre Pozier) ne m'a vu... sauf Baribeau une fois, moi qui pensait qu'elle n'était qu'une simple secrétaire!  Comment le savoir, elle dégage autant de poésie qu'un pois chiche!  Et encore! 

Je n'ai rien contre Yves Boisvert, ni contre aucun des poètes... Ce que je n'aime pas par contre, c'est le double discours de certains... Plusieurs détestent la façcon de faire de Bellemare et des autres et ils ne se cachent pas pour le hurler en privé, mais dès qu'ils sont face à face avec le curé, ils remplissent leur culotte de shit poétique!  Je croyais que ma bonne relation avec Pozier était assez solide pour me permettre de publier de nouveau.  Lui aussi critique fortement Bellemare, mais je ne crois pas qu'il le fasse quand il se retrouve avec lui... Puis-je demander mieux d'un type qui m'a déjèa avoué: "moi aussi j'ai pas d'autre éditeur que les Forges, ailleurs ils ne voudraient pas de moi..."  Sauf que moi, je n'ai pas de contact dans le milieu, ça n'a rien à voir avec une qualité douteuse de mes écrits... Pozier a été bien gentil avec moi, mais dès que Bellemare a dit NON à mon troisième livre Squatter du Chagrin,  -d'ailleurs il avait aussi dit non pour La Puberté de L'Angle Mort, mais au bout d'un an j'ai pu publier... fort probablement de la charité chrétienne!...ce dernier livre a d'ailleurs été étudié cette année èa l'école...pas pire pour un zouave de 29 ans qui n'a jamais eu à faire de la promo pour le "petit totalitaire de Trois-Rivières"!  La promo c'est moi qui la livre, c'est mon affaire... pas celle d'un type qui triomphe par son mauvais goût et son délire de poésie pour les matantes!  De toute façcon, je susi agoraphone, alors je ne pouvais pas faire grand chose... Bellemare le savait et malgré tout il m'a poussé à en faire... Moi, c'est avec le net et les amis que je vends des bouquins... Et ils le savent, j'en ai vendu autant sinon plus que ceux qui publient présentement... sauf que je n'ai pas été "gentil" avec le curé et ses "hosties" d'activités!

Bellemare inspire la délation, car juste avant lui à l'université, on avait eu un entretient avec André Roy... Il avait ridiculiser le festival, alors dèes la semaine d'aprèes, quand le roi Bellemare est arrivé, mon prof de l'époque n'avait eu d'autre choix que de lui raconter que M. Roy avait chié sur SON festival subventionné par l'argent de l'état!  Pourquoi avait-elle besoin de lui dire?  C'est peut-être le charisme de Bellemare, un charisme doux comme de la ouate qui inspire une certaine grandeur d'âme... C'est vrai, il a l'air doux le type avec sa voix de prince!  Pire, il sait inspirer la sympathie, car il deal avec des poèetes- dont de grandes âmes blanches comme les neiges éternelles du Québec le plus profond!-  D'ailleurs il était très convaincant il y a 2 ans quand le Festival s'est fait volé ses ordinateurs et la logistique des événements... A la télé, il avait presque l'air d'un enfant battu...   Pire, il me faisait pensé à ces bambins dans les pubs de Vision Mondial... J'avais presque le goût de lui donner mon ordinateur tellement j'étais triste de goûter à sa voix brisée par la souffrance...

Le pire... et bien aujourd'hui j'ai reçu par la poste une invitation èa acheter des recueils de l'éditeur...comme à chaque Noel... MERDE, je l'ai dit à Pozier JE BOYCOTTE LES FORGES... j'ai tout jeté ma collection de livre et pour l'instant j'ai prit ma retraite de l'écriture... Y'a plus de poésie dans un bon cigare cubain que dans le catalogue faussement littéraire de Bellemare... J'ai pas voulu jouer la game, parce que je ne suis pas la propriété d'un éditeur... J'offre une poésie unique, subversive et aimée malgré tout par des gens variés...et on me ferme la porte au nez... C'est le Québec: le royaume du concensus et des petits rois prétentieux et méprisants...  Au moins, je suis détesté par des gens pour qui je n'ai aucune estime... Mission réussie, la poésie transgresse toujours la charogne!  Et dire que ces gens-là, dans l'Ensemble, méprise les conglomérats comme Québécor... merde, ils font la même chose, mais avec des moyens ridiculement bas! 

Mes salutations!
Patrick

 

Ps-Et oui, j'habite la même ville que le curé...c'est sans doute mon manque d'exotisme qui est à l'origine de ma perte!  Bellemare aime quand ça vient d'ailleurs... Suivant cette logique, il va sans doute te réinviter à son festival, car c'est big d'avoir des pouettes qui viennent de l'Amérique de Bush! 

Date:

Sat, 3 Dec 2005 12:47:17 -0800 (PST)

From:

"George Slone" <todslone@yahoo.com>  Add to Address Book  Add Mobile Alert

Subject:

Re: L'Empire contre-attaque!

To:

"PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com>

Salut Patrick,
Merci encore pour ta reponse.  J’aime beaucoup le debat et les discussions pimentees.  Or, la plupart des poetes semblent les detester.  Pour moi, le debat ouvert c’est la pierre angulaire de la democratie. 

 

Moi, j’ai gagne $100 le mois dernier pour un concours de photo. Hmm.  La photo qui a gagnee a ete completement anodine.  Pas surprenant, n’est-ce pas ?  J’aurais prefere une autre photo que j’ai prise d’un employee de la ville de Concord en train d’examiner mon depliant (The American Dissident) pour determiner s’il y avait quelque chose qui puisse offenser surtout du point de vue langagier.  Ce prix gagne c’est un peu comme ton dernier livre étudié cette année a l'école, non ?  Le jour ou ils commencent a etudier mes poemes a l’ecole c’est le jour ou j’ai echoue comme poete. 

 

Pour moi, c’est assez simple.  Un poete devrait ecrire de la poesie car ca vient par elle-meme et de l’interieur.  Pour moi, c’est mon daemon socratique qui me pousse a ecrire.  Un poete devrait ecrire de la poesie car il a quelque chose a dire et non pas pour satisfaire a une audience quelconque.  Je m’en sacre si j’ai ou je n’ai pas de public !  Comment expliquer une marde comme ce recueil de poemes Hockey de Bernard Pozier… qui m’a tellement deteste a Trois-Rivieres (par jalousie, je crois bien) ? 

Les subventions ne font que promouvoir de la marde aux relents parfois poetiques.  Les poetes devraient maudire ces subventions au lieu de les mordre, bouche degoulinant de salive.  Il est tellement clair que les subventions servent, plus que toute autre chose, a dompter les soi-disants poetes.  Mais en fait ces derniers et dernieres ne sont que des poeticailleurs (et oui, qui parfois tournent des phrases merveilleuses mais qui ne servent a rien en fait) car de vrais poetes ne se domptent pas et ne font jamais de « double discours » a la « Plusieurs détestent la façcon de faire de Bellemare et des autres et ils ne se cachent pas pour le hurler en privé, mais dès qu'ils sont face à face avec le curé, ils remplissent leur culotte de shit poétique! »

En fait, un poete ne devrait jamais s’inquieter des ventes de recueils ou que ses poemes soit ou ne soit pas publies.  Qu’il bosse a un McDonald s’il a besoin de piasses, calisse !  Les poetes de ta ville et de la mienne s’inquietent plutot des bonne demarches qu’ils doivent faire pour avancer leur carrieres et non pas de l’etat piteux de la verite qui qualifie leurs propres milieux. 

Tres, tres bien observe de ta part !  « Et dire que ces gens-là, dans l'Ensemble, méprise les conglomérats comme Québécor... merde, ils font la même chose »

Crois-le bien, Bellemare n’aime pas tous les Amerlos… surtout pas moi. Pour Bellemare, je ne l’ai jamais trouve charismatique.  Au contraire, il fait pas mal homme d’affaire SEC et ENNUYEUX.  Moi itou, je croyais que Maryse etait simple secretaire !

Un petit conseil, essaie d’extrapoler ton cas un peu.  Ca peut ouvrir les yeux et l’esprit.  Les gens en general, quand ils sont « victimes » d’une corruption intellectuelle, n’arrivent pas a extrapoler pour voir au-dela de leur propre experience.  Moi j’ai ete « victime » a plusieurs reprises et j’ai ben ouvert mes yeux pour decouvrir qu’il y en avait pas mal d’autres « victimes » et j’ai, par exemple, pu creer The American Dissident comme agore pour que les poetes puissent s’exprimer en toute honnete a l’encontre de ce qu’ils peuvent faire dans les autres revues litteraires. 

Au plaisir,
G.  Tod

 

From:  "PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com
To: 
todslone@yahoo.com
Subject:
 L'Empire contre-attaque!
Date:
Fri, 02 Dec 2005 19:39:22 -0500

Bonjour Tod,

mon abonnement internet se termine aujourd'hui, je voulais juste te saluer avant de partir... Je pars et revient souvent du web, car j'entretiens une relation amour-haine avec ce type de machin!

Bonne route,
Patrick



From: 
"PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com
To: 
todslone@yahoo.com
Subject:
 
l'école des poètes!
Date:
Sun, 04 Dec 2005 03:06:10 -0500

En passant, savais-tu que nous avons maintenant une école pour former des poètes à Trois-Rivières? C'est Bellemare qui est derrière tout ça!  Qui d'autre?  C'est un peu comme les "lignes mineures" du baseball... Tu peux être certain que ça va sortir beau et gentil de là!  Une belle façon de venir piger dans la manne à poètes pour garnir son festival de figurants lettrés! Déjà qu'il n'avait pas assez du prix-Piché pour donner une publication gratuite à celui ou celle qui allait écrire la banalité la plus édulcorée du lot! Tu devrais t'inscrire à ce prix de façon secrète... tu écris des trucs comme:

ta main berçait mon coeur,

ta peau touchait mon ombre

tu roulais sur moi tes cris

ô poème, tu habites mes souffrances!

Et tu deviens poète!  Bang, c'est de la magie trifluvienne! Plus besoin de souffrir, de regarder la laideur avec les yeux creux des canyons dévastés, plus besoin de travailler nuits et jours le verbe crapuleux!  Avec la méthode "écrit bêtement pour les matantes" tu deviens POÈTE!  Et peut-être pourrais-tu te ramasser sur une belle plaque en tôle sur l'édifice trifluvien de ton choix!  Encore là, on a l'impression que ce sont des extraits de poèmes sélectionnés par un pygmé tellement c'est mauvais!

Vive la crasse!
P.L

 

Date:

Sun, 4 Dec 2005 08:15:47 -0800 (PST)

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"George Slone" <todslone@yahoo.com>  Add to Address Book  Add Mobile Alert

Subject:

Re: l'école des poètes!

To:

"PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com>

Patrick,
Une ecole a formee (endoctrinee) les poetes ?  Wow !  Merci pour le renseignement.  J’aimerais bien voir le depliant pour en faire une BD.  Voici ce que Bellemare s’est dit sur lui-meme (Le Devoir) :  « Gaston Bellemare n’écrit qu’une seule chose, et c’est des demandes de subventions ! »  Et lui forme les poetes ?  Que c’est triste ! 
           

Mais tu me fais rigoler avec cette bribe de poeme Bellemaresque !  C’est vraiment parfait… la parfaite satire !  Oui, ces morceaux en plaque dans les coins de rues a Trois-Rivieres !  Tu devrais mettre une fausse avec ces vers a cote de chez Morgane.  Merci pour ce renseignement juteux !  En fait, je ferais une BD avec tes vers  si ca t’embete pas.  J’aimerais te publier dans le prochain numero (une ou deux pages)… un essai satirique sur cette ecole de poetes.  Je cherche de bons ecrits en francais. 

G. Tod

 

 

From:

"PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com>  Add to Address Book  Add Mobile Alert

To:

todslone@yahoo.com

Subject:

Poète défragmenté!

Date:

Sat, 03 Dec 2005 20:39:44 -0500

G.Tod,

tu remarqueras que depuis quelques années, les concours de poésie, les prix, les distinctions avec photographe de la presse sur place, les lectures dans des milieux de plus en plus officiels et les activités qui mixent poésie et lunch de banquet sont de plus en plus nombreux!  Les prix remis lors du festival de pauvreté poétique sont presque aussi nombreux que le nombre de poètes invités! Un peu comme si c'était une façon calculée d'entretenir une saine rivalité à l'intérieur des poètes officiels... ou peut-être une façon de faire circuler une liste de nom et de les peinturer de récompenses une fois de temps en temps!  À la limite, si j'avais été gentil avec le grand chef, j'aurais mérité un bel os d'ici quelques années! 

Pour mon second livre, j'ai reçu un coup de téléphone d'une secrétaire d'un concours à Trois-Rivières, elle voulait que j'inscrive mon bouquin au super concours régional... Quand je lui ai répondu d'un ton sec que je ne participais pas de mon gré aux concours, elle a tellement été surprise!  Déjà que l'éditeur envoit des exemplaires à la presse (qui reste toujours muette) et à des concours à l'intérieur même du cercle, alors pourquoi devrais-je faire des pieds et des mains pour essayer qu'on me torche avec l'or des contribuables!  J'ai donc refusé... Pour elle, c'était tellement improbable qu'un écrivain ne veule pas courir la chance d'obtenir une distinction de la part de ses paires!  Je croyais qu'on devait faire autrement des autres en poésie; qu'on devait arriver à se défaire de ce concept ridicule des remises de prix avec cocktails et photographes de la presse! Je lui avait dit: "y'a assez des animaux avec des médailles, moi je ne veux pas!"  Avant de publier j'avais participé à 4-5 concours; à chaque fois je constatais que les gagnants écrivaient des trucs banaux, mais très simples à lire et comprendre... Alors, j'ai fait de même en 1998...et j'ai gagné!  Juste avant de refermer l'enveloppe, j'avais dit à ma conjointe: "c'est ça qu'ils veulent, une suite poétique avec le mot "âme" un peu partout et beaucoup d'espace pour pas trop de déformer l'iris, alors voilà... c'est moche, mais c'est presque gagnant!"  Et bien j'ai reçu un coup de fil: "Monsieur Léveillé, vous avez gagné le premier prix...vous allez être là à notre cérémonie!"  Merde, une cérémonie... J'y suis allé et il a fallut que le photopraphe me prendre par le bras, parce que je m'en allais sacré mon camp avant qu'il immortalise le moment pour le journal! Moi qui a un style assez baroque, parfois même trop, c'était comme écrire pour un magazine grand public...  Tu vois le genre de texte qui fait qu'on se demande si finalement on se moque du lecteur!  Dans le genre, les Écrits Des Forges font des merveilles!  Ils ont même déjà traduit en espagnol le livre de Écric Roberge, Cette Nudité Chargée à Blanc... une vraie farce que ce recueil, alors pourquoi pas montrer à nos amis mexicains que nous sommes passés maîtres dans l'art de livrer du vent! Pourtant Roberge n'est pas un poète vilain, ce qu'il écrit est souvent intéressant, mais ce recueil-là m'avait donné l'impression qu'il ne fallait pas trop en faire pour être publié!  À l'époque il travaillait pour les Forges, il s'occupait des jeunes poètes, alors c'était probablement facile -tout comme Pozier- de s'auto-publier sans craindre de devoir se battre pour cela.  Je sais très bien que si ça avait été moi, ce livre-là aurait été refusé!  Pas assez original, pas assez singulier... bref, pas assez bon pour un type qui n'est ami avec personne de la maison!

Dans tout cela je ne me suis jamais vu comme une victime! C'est impossible en 2005 de publier et de faire à sa tête au Québec.  Partout ailleurs, chez les éditeurs subventionnés, j'aurais eu le même résultat!  C'est la nature même de notre littérature qui n'est écrite que par des professeurs de Cégep ou d'université... Rare sont les écrivains vivants presque dans la pauvreté absolue ou qui sont libres d'agir et qui publient massivement chez les gros éditeurs..  J'ai la chance d'avoir cette liberté, alors je n'allais certes pas publier des textes pour finir dans une anthologie fait par un prof d'université qui habite dans un bungalow! 

En passant, Pozier n'a pas 1, mais 2 recueils sur le hockey...sa poésie ne me dérange pas, pas plus qu'elle me touche... toutes les façons d'écrire sont dans la nature... En fait, j'ai peu de haine envers les poètes et écrivains; ils ne font que livrer des textes, c'est, à la limite, presque aussi banal que de livrer de la pizza!  C'est la prise de position et l'audace qui me touchent...et ça Pozier n'en a pas, pas plus que les autres qui viennent de la même veine... Je me disais: "tant que ces gens-là ne se mettent pas dans mon chemin, je vais les laisser poétiser leur merde tranquillement..."  Après tout, peux-tu demander davantage à des gens qui habitent dans des grosses cabanes à Outremont... Ils voient la misère par les journaux, n'ont jamais été une seule fois se chercher des légumes pourris à L'Armée du Salut... Comment ces gens-là peuvent-ils m'interdire de publier une poésie qui vient d'un terroir propice aux oeuvres qui ont du chien? Ça manque pourtant...même Guy Marchamps avait écrit sur mon 2e livre que c'était rare ce type de texte-là chez les gros éditeurs... 

"Envoyez vos poèmes et nous autres ont va faire un livre avec.." Quand j'ai voulu avoir mes épreuves pour les corriger, Bellemare avait l'air surpris au téléphone.  Un peu comme si je lui demandais une douzaine de danseuses pour mon lancement!  Je n'ai jamais eu droit à mes épreuves, alors quand j'ai vu qu'on m'avait enlevé des textes, qu'on avait censuré des citations, qu'on avait retiré mon très bon texte au verso pour le remplacer par une platitude, j'étais vraiment en tabarnack!  Dès qu'on m'a fourré un code ISBN et que j'avais envoyé environ 100 pages de textes, ce n'était plus à moi cette collection de textes.... Just too bad, ton cul nous appartient, vient faire de la promo et surtout pas de niaiseries, on t'as à l'oeil mon ti-jeune! Ils ont tellement des gros égos ces hommes-là que dès que tu les questionne un peu tu passes pour un essaim d'abeilles tueuses!   Des pleutres!  Des ostis de pleutres!  

Pour ce qui est du "prix de consolation" d'être étudié au Cégep..et bien ça vient d'un ancien camarade de Cégep que je n'ai pas revu depuis 10 ans... Il est devenu prof et a décidé que ça serait pas mal plaisant de mettre un livre débile à l'étude... Il a essayé de me contacter, mais je boycotte les Forges alors je ne fais aucune promo de mes 2 livres officiels... Pire, ça m'a même un peu fatigué, parce que je ne voulais pas trop entendre parler de création... depuis 2001 je suis un peu dans le néant, alors je voulais oublier rapidement que j'avais déjà été écrivain dans une autre vie...  C'est un beau geste de sa part, c'est un type qui voulait juste réveiller certains étudiants... Le pire, c'est que plusieurs ont été choqués par ce que j'écrivais... Probablement les textes sur les musulmans a été très mal vu...  Il a été publié 48 hrs avant les attentants au WTC... maintenant on a plus le droit de questionner les gens...on est à la remorque de l'actualité!  Le pire, c'est que je vais risquer de passer pour un raciste!  J'ai assez envoyé chier de blancs catholiques dans ma vie, que je peux de temps en temps me permettre de le faire avec les autres!  C'est la médiocrité la race que je questionne!  En ce qui me concerne, je dis qu'il n'y a qu'une seule race humaine, les autres ont les a bouffés! Pour te dire, pendant que je t'écris j'écoute une compilation de musique arabe!  J'ai pas mal plus peur de la rectitude politique que des terroristes.  La pensée unique est kamikaze de tous les terrains fertiles! J'aime pointer du doigt, tout comme le faisais Rimbaud et Jean Genet... C'est le rôle du poète de libérer le quotidien des petites mégalomanies de la paresse humaine... 

Sur cela, bonne journée... Je vais avoir une nouvelle adresse internet d'ici une semaine, je change de serveur... pour l'instant tu peux m'écrire avec celle-ci... Un bon cigare m'attend dans mon humidor, alors je le fumerai à ta santé de résistant résolu! C'est Godard qui disait: "la marge c'est ce qu'il y a de plus important, c'est ce qui fait tenir le livre ensemble!"

Voici 2-3 petits textes où j'ai su canaliser ma colère (chose que je n'arrivais pas à faire avant, ça sortait toujours comme du vomit de patate frite!)  C'est en fichier-joint..  Y'a même un texte sur le WTC... on me l'a déjà refusé sur un site en France!  Faut croire que la poésie a ses tabous!

Patrick

Date:

Sun, 4 Dec 2005 13:28:07 -0800 (PST)

From:

"George Slone" <todslone@yahoo.com>  Add to Address Book  Add Mobile Alert

Subject:

Re: l'école des poètes!

To:

"PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com>

Patrick,

Evidemment, t’es vraiment different du Poete Moyen.  Et bravo a toi pour cela.  Comment tu es arrive a avoir le courage et la tete a refuser l’endoctrinement ?  Pour le mot « victime », je me suis sans doute mal exprime.  C’est plutot « victime d’un corrompu intellectuel » Bellemare ou n’importe quel autre mandarin universitaire/litteraire.

Mais j’aime bien ce que vous ecrivez dans vos courriels.  Toi et moi, nous sommes differents comme poetes c’est sur bien qu’on partage parfois certaines idees, certaines optiques.  J’aime bien discuter avec les gens differentes.  Ce n’est pas une question chez moi de hair poetes ou universitaires.  C’est plutot une question de les mettre au defi quand ca pue la corruption intellectuelle.  Je n’ai aucune haine pour Bellemare et ca je lui ai dit a plusieurs reprises.  Or, je suis pour la liberte, alors que lui est contre. 

Guy Marchamps c’est precisement le genre de type que t’as decrit la :  « Plusieurs détestent la façcon de faire de Bellemare et des autres et ils ne se cachent pas pour le hurler en privé, mais dès qu'ils sont face à face avec le curé, ils remplissent leur culotte de shit poétique! »  Je n’ai donc aucune confiance pour ce qu’il a a dire.  Lui m’a moque au Festival en tant qu’animateur car j’ai eu le courage de parler au haut et fort la ou il n’en avait aucun.  Comment avoir du respect pour un tel personnage si faible ? 

J’aime bien ton dernier courriel.  Ca se lit comme un petit essai sur le milieu litteraire. 

Pour cette culture musulmane, je trouve aussi sinon nettement plus fascisante que la notre.  Mais comme je t’ai dit on n’est pas tous les deux copies conformes l’une a l’autre.  C’est surement pas une belle culture pour les femmes muselees et gardees renfermees comme des poupees Barbie portant robe taliban.  Essaie de critiquer le Coran en plein public a Mecca !  Ca te donnerait une meilleure idee de cette culture.  C’est sans doute pareil que d’essayer de critiquer la Bible devant le KKK en leur territoire !  En fait, j’habite la Louisiane en ce moment… l’un de leurs territoires de predilection.  Et non, je ne critiquerait pas le KKK devant eux car je prefere vivre encore quelques annees. 

G. Tod

A propos j’ai envoyee une centaine de mes poemes et essais en francais a plus de 55 maisons d’editions quebecoises.  Refus Global… bien sur.  Et ce n’est pas une question de francais douteux… c’est plutot le refus global de critique virulente contre le milieu litteraire quebecoise.  Et ben oui, c’est pareil ici !  J’ai envoye un essai archicritique sur le parrhesiastes et le poete de 25 pages a plus de 45 revues universitaire/litteraires americaines.  Refus Global Amerlo ! 

 

Je lirai tes textes ce soir.

 

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"PATRICK LÉVEILLÉ" <romanticalbatros@hotmail.com>  Add to Address Book  Add Mobile Alert

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Un master en poésie!

Date:

Sun, 04 Dec 2005 16:38:43 -0500

 

Rebonjour Tod,

Je n'avais pas tout lu ta section "québécoise" sur ton site avant de t'écrire cette semaine, maintenant c'est fait! J'ai passé toute une nuit blanche dans le sperme des inféconds à essayer de retrouver mon souffle dans tous ces poètes qui ne jouissent que de cuisses pannées et de petits trognons de pains largués par Monsieur Duplessis part 2!  Et même ma conjointe a lu avec une passion vorace ton récit avec ces personnages à la fois fumants et lâches qui peuplent notre univers poético-sponsorisé!  Faut dire qu'elle déteste encore plus que moi Bellemare et ses accrocheux-de-poèmes-à-corde-à-linge! C'est aussi elle qui a eu les ressacs de l'effet Bellemare quand j'ai été censuré, jeté, méprisé dans ma propre ville, par un non-poète, non-élu et non digne qu'on lui accorde toute cette importance!  À chaque St-Valentin, Bellemare et le maire vont porter des fleurs au Poète Inconnu, alors que dans leur propre ville ils en font crever un, tout simplement parce qu'il s'était imaginé que le mot "poésie" était plus qu'un terme à coller sur la quatrième couverture d'un livre! 

Y'a beaucoup de justesse dans tes observations, c'est un peu comme un "Trois-Rivières international poetry festival for dummies!", mais là ce n'est pas la couverture qui est jaune, mais ceux qui vivent à l'intérieur de ce fief bellemaresque! Au Québec, on ne sera jamais des révolutionnaires et les poètes, même les plus intéressants, ne veulent pas perdre le gras de poule d'une certaine masse... Être poète, certes, mais à temps partiel svp! Le poète d'ici est juste assez différent de la masse qu'il n'a besoin aucunement de se sentir davantage engagé dans son travail pour se sentir "pleinement poète".  Alors, quand tu arrives, toi l'Américain sur la corde raide, tu leur jette en pleine face une image de self-banalité impitoyable!  Les poètes invités se regardent et se disent à l'intérieur d'eux-mêmes: "Et bien, je ne suis pas tellement un poète, mais un fumiste face à ce fou hurlant qui parle trois langues de feu, qui par son intégrité me fait passer pour un gérant de Wal-Mart, rayon petite culotte!"  Je suis persuadé que les poètes que tu as croisés  à Trois-Rivières et au Québec se sentaient un peu comme ça dans leur intériorité!  Plusieurs rêvent encore à Rimbaud en se disant qu'il vivait "la vie de poète", mais dans le fond s'ils l'avaient eu en pleine face ils auraient été scandalisés par son sens profond de la liberté!  Y'a quelque chose de terriblement puant que d'être libre et de pointer son regard dans ceux qui se disent tout aussi libres, mais qui dans le fond, sont simplement libres de se fermer la gueule ou de pousser un petit cri constipé dans la foule brune de complaisance! 

Voici donc les hyperliens de l'école des poètes de Bellemare!   Si tu veux un texte sur le sujet, tu m'indiqueras un peu comment tu le souhaites, le délai, le nombre de lignes...  Pour la caricature, c'est parfait!  Tes dessins me font bien rire! Faudrait que tu viennes au Festival et que tu te montes un stand avec des t-shirts, des cartes postales, des badges... Tu vois, un genre de off-festival...c'est à la mode maintenant, parce que partout y'a 3-4 gros qui livrent le culturel et ça commence à puer les pieds dans la cabane! Ton slogan "Tod, ici tu peux dire ce que tu veux" est très vendeur!  Faudrait même écrire une chanson avec!  Y'a de l'argent à faire la fausse commune que se creuse à chaque année le festival en transformant le vers en jupon à frou frou!  Je ne croyais pas qu'il existait dans le monde des caricatures de Gaston Bellemare et les autres Barbies! ici, si un type avait fait ça, il aurait fort probablement été transformé en boudin par tout ce sang retenu, cette colère de cochons roulés sur eux-mêmes! 

Bon voilà les liens... amuse-toi bien avec notre prétention de vouloir changer en or la moindre petite graine qui se sent mélancolique!

http://www.enp.clafleche.qc.ca/

Et Tod... celle-là elle va te faire rire!  Regarde bien le devise de l'école!

http://enp.clafleche.qc.ca/acces.shtml

 

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La spécialité des carnivores, c'est de tro uver de la viande là où il y en a!

Date:

Sun, 04 Dec 2005 19:43:29 -0500

Tod,

tu me demandes comment en suis-je arrivé à fuir l'endoctrinement... C'est une simple question de goût ou de dégoût... J'aime pas le foie, les huîtres ou les langues de porc, pas plus que j'aimais changer les couches de mes filles quand elles faisaient poupou dans leur pyjama... Dans des cas comme ceux-ci, la langue me tape au palais et je lève le coeur!  C'est la même chose avec l'endoctrinement, c'est comme si on me fabriquait de petites pépites de merde et qu'on me disait: "goûte, c'est pas de la merde, c'est du vers poétisé!"  J'ai pas mal toujours été comme ça; de mon enfance à l'âge adulte.  J'ai eu quelques bons professeurs qui savaient respecter ce que j'étais.  Dans le lot, y'a eu Pozier, mais aussi le frère de son épouse Claude R. Blouin qui a été l'un des premiers à comprendre que j'étais davantage productif et imaginatif seul qu'à l'intérieur d'un groupe.  D'ailleurs j'aimais pas le travail d'équipe, j'aurais aimé mieux à l'époque déterré un cadavre dans le cimetière de Joliette que de travailler avec un étudiant de ma classe!  Ça n'a rien de hautain, c'est simplement que j'aime pas me diluer.  Pour ce qui est de la confrontation, elle arrive bien assez vite avec le genre de tête que j'ai, alors je finis toujours par me faire braver par certaines personnes... Et y'a aussi un autre aspect qui explique bien ma vie: le silence morbide des gens face à mon écriture!  À L'université j'avais des cours de création; j'y allais environ 1-2 fois par mois tellement ça me déplaisait... Quelques fois fallait lire nos textes devant nos amis et les gens devaient faire quelques commentaires sur nos brouillons... Imagine-toi que quand j'avais terminé mes lectures, j'avais l'impression souvent d'avoir roté quelques mots avec des biscuits soda dans la bouche!  C'était un gros silence fromagé, bien entassé dans la classe... Dans ce temps-là on se dit: "mangez donc d'la marde, la prochaine fois je vais faire du stand up comic!" 

Depuis l'Enfance, c'est avec l'humour que j'ai été capable de faire passer mes idées les plus folles!  Dès que je sens une forme de dureté chez les gens, je dérape et je fais un Jerry Lewis de moi-même!  Je me souviens que les parents de ma conjointe ne m'aimait pas beaucoup, tout simplement parce que j'avais l'air fendant, alors que moi je ne voulais qu'être gentil et simple... Quand j'ai vu que je ne pouvais pas exister face à leurs yeux, j'ai commencé à dire des petites phrases lapidaires comiques, parfois scatologiques.  Eux qui étaient de bonne souche, bien éduqué, n'aimaient pas tellement qu'un type arrive chez eux avec ce genre de truc dans la bouche.  J'aimais grossir le personnage au point de leur donner un peu l'image qu'il se faisait de moi.  Je disais que je me brossais les dents avec l'eau du bol de toilette!  Mine de rien, c'est le genre de phrase qui change radicalement les climats d'un visage bourgeois!  Au bout d'un certain temps on finit par se défaire de la norme et on sombre dans une certaine solitude... Les gens sont si convenus parfois... Et le pire, c'est que je ne crois pas être tellement différent des autres.  En tout cas, je n'ai pas ton audace, ni ton sens profond de l'indignation... Je crois même que j'aurais eu de la difficulté à vivre à chaque jour avec ce genre de personnalité à l'intérieur de moi.  Il faut sans doute une personnalité puissante et inaltérable... Moi, je suis plutôt le genre solitaire, outsider et sauvage.  Je ne me laisse pas approcher facilement, j'aime bien l'anonymat...c'est ce qui explique pourquoi je n'ai jamais été un participant actif dans le festival de Bellemare... J'ai toujours pensé qu'il serait assez intelligent pour comprendre ça, qu'il serait même heureux de publier un type qui en a rien à foutre de la gloire et des prix... Y'a tellement de poètes qui veulent qu'on les aime, moi ce n'est pas mon cas.  J'ai une femme remarquable, des enfants d'une intelligence imaginative absolument renversante, alors je n'ai pas à me faire lécher le cul par autrui...

Par contre j'aime pas les consensus, ni les cercles, ni la pensée unique... c'est ce qui m'a progressivement transporté à questionner Bellemare et sa machine à imprimer des poèmes.  Je n'ai rien contre lui personnellement, il fait se qu'il aime, il le fait très bien...mais il m'a jeté sans que je fasse le 1/1 000 000 de ce que tu as écrit sur lui!  En fait, je n'ai pas fait grand chose et c'est ce qui me donne le plus de colère...  Je lui ai écrit quelques fois et jamais je n'ai eu de réponse.  Une fois, j'étais très mal en point, car ça faisait plusieurs mois que je n'avais pas eu de nouvelles sur la publication de mon livre, alors ma conjointe lui a écrit un petit mot lui demandant de faire quelque chose...à ce moment-là, je croyais encore que je pouvais publier... Il n'a jamais répondu, pas plus que Pozier... La publication avait quelque chose d'important pour moi à cette époque, c'était un peu comme quand on embouteille le vin ou qu'on roule et met en boîte les cigares... C'est dans la suite des choses que de donner aux autres le fruit d'un travail spécifique... Qu'on me lise peu ou massivement n'a pas d'importance, c'est le travail bien fait qui me procure du plaisir.  En cela que le texte soit drôle, sauvage, explicite, sensuel, c'est davantage le fait d'avoir donné mains et ventres à la poésie...  On m'a souvent apprécié pour mes textes, j'ai eu de très bons commentaires... J'ai même eu une critique qui me comparait à Rimbaud!  Certes, je ne prends pas tout ça au sérieux, parce que l'hyperbole c'est comme du marketing de la langue, mais pour un enfant qui vient d'un coin perdu et qui se retrouve à publier un livre, c'est pas mal surprenant.  Dans mon village natal à Saint-Lin, la seule activité culturelle que je pouvais y dénicher c'était de regarder les cochons morts sur les berges de la Rivière L'Achigan, coincés dans la fange et les rejets des usines.  C'était ma poésie; pas de page blanche, juste des mots fruités de charognes couchés dans la glaise!  Y'avait aussi mon grand-père qui égorgeait des poulets, ça c'était assez particulier de constater que les animaux savent que la mort est sur le point de frapper... Je crois qu'on observe dans des moments anodins comme ceux-là, le battement viscéral du mouvement et de la continuité... Plusieurs de ces coqs-là étaient mes "amis" quand j'étais enfant, alors de devoir les ouvrir pour voir ce qu'ils avaient dans le ventre, ça m'a montré qu'au creux de l'innocence y'avait la fatalité.  Être poète, c'est témoigner de ce qui trépasse trop souvent dans l'ombre.  De là le cliché de parler du soleil qui se couche, c'est certes un cliché édulcoré, mais c'est aussi le suicide d'une journée souvent plus grande que nature.  Ces jours-là qui s'accumulent dans le coeur et le ventre, ce sont des ébauches de poésie.  Quand on a finit par faire le tour du soleil, de la berge, on parle des vrais meurtriers du quotidien... De la le nom de l'une de mes sections: Snipers du Réel...

À l'école j'étais toujours à l'écart, tellement que j'ai souvent eu des résultats assez bas... J'étais différents des autres, alors pour ne pas me faire battre par les amis, j'étais le comique de service!  Pendant que tu passes ton temps à faire des jokes de poils et de fesses, tu n'écoutes pas trop à l'école... Alors je me suis ramassé souvent à deux doigts de redoubler mes années... et cela malgré une intelligence supérieure à la moyenne!  Je n'avais pas à faire d'effort parce que je comprenais vaguement ce qui se disait, donc j'ai roulé sur mon crâne assez longtemps!  Ce n'est qu'en 2003 que j'ai su que j'avais un QI de 160... ça aussi ça me fait rigolé, c'est comme avoir une grosse bagnole, ça roule bien mais ça pollue aussi pas mal!  À la limite, j'aurais presque aimé mieux être un réparateur de balayeuse, un type qui bande quand il écoute la télé...mais j'avais pas la bosse pour ce genre de truc...

Au Québec, c'est le royaume du pareil partout, donc j'ai souvent l'impression d'être en botte de cuire et g-string dans la nef d'une église sociologique!  Je sens que les gens changent depuis mon enfance, que ça se radicalise autant que ça plonge dans l'aliénation... Je lisais les lettres que tu recevais des éditeurs de revue ou de journaux du Québec et j'avais un peu honte de ce comportement de la part des gens du milieu de la culture inc du Québec.  Les gens croient tellement que notre arrivé à la démocratie est éternelle qu'elle ne sera plus jamais contestable.  Quand tu vois autant d'intellos qui ne prennent jamais position, c'est d'une tristesse absolue.  C'est pour cela que j'aime Pierre Falardeau, Richard Desjardins, Loco Locass et des tas d'autres qui, par leurs propos, remémorent à la collectivité qu'elle se fait roulé dans la farine par la grande main invisible de l'endoctrinement passif.

Em 1997, Bellemare avait dit dans ma classe: "Au Écrits Des Forges trop souvent on se fait critiqué, parce que les gens de Montréal sont jaloux d'une maison d'édition en région.."  il disait aussi que la plupart des critiques littéraires en poésie étaient avec les autres maisons d'édition  et qu'ils n'oseraient pas "planter" ceux qui les publient!  Aujourd'hui, 8 ans plus tard, il a lui même l'infrastructure pour avoir des tas de gens de son bord.  C'est certain que c'est difficile de vivre avec l'adversité, mais c'est aussi quelque chose d'absolument nécessaire... Imagine le festival dans 10-15 ans; le Sahara et le Mojave en train de baiser devant l'oeil lucide de ceux qui avaient une idée autre de la poésie.   Peut-être restera-t-il assez de poètes pour faire autre chose que du divertissement contrôlé, mais pour cela, faudrait que ces types-là débarquent de la machine et qu'ils s'organisent autrement... Sinon, va falloir être diplômé de l'école des poètes pour avoir le droit à un bouquin ou a un micro dans le temple du bons vers et de la bonne métaphore! 

 

Y'a presque 2 ans j'ai publié un texte sur le financement de la culture au Québec dans le journal Voir... J'étais chroniqueur internet.  D'après toi est-ce que je me suis fait sacré dehors du journal?  Si tu as répondu par l'affirmative, c'est que tu connais pas mal le Québec!  J'étais devenu le Michael Moore du journal, alors on m'a volé et jeté à la porte... J'avais écrit au moins 1000 textes, il reste celui qui a été imprimé dans le journal à Montréal dans la catégorie "Grandes Gueules"... Mon opinion a un peu changé depuis, je cois maintenant qui est improbable qu'un financement du gouvernement mène à autre chose qu'à ce qu'on voit partout; des clubs avec des chefs et du nivellement par le bas.  Voici l'hyperlien de mon texte qui, comme tu t'en doutes, a été censuré à quelques endroits... Dont le titre...c'était QUAND UN PEUPLE ASSASSINE SA CULTURE...  J'ai aussi publié localement à Trois-Rivières des textes souvent subversifs...dont un sur le festival... la semaine d'après y'avait un espèce d'Elvis Gratton qui me faisait la réplique!  Tout ça parce que je me disais qu'il fallait sortir la poésie des bistros branchés et la mettre partout dans la rue.  J'ai toujours trouvé ça spécial que la plupart des activités du festival avaient lieux dans des bars et des restos... Il n'y a qu'une minorité de gens qui va dans ce genre de place et souvent ils ne vont pas là pour la poésie mais pour se faire voir dans un lieu branché et à la mode!  Pourquoi pas bloquer des rues pour faire lire notre cher Tod des States avec sa pancarte dans le cou et son Article 4 entre les mains!  Ça c'est une image qui est à la fois savoureuse et qui fait sortir la poésie du foie de veau et des faux-culs! 

http://www.voir.ca/actualite/grandesgueules.aspx?iIDArticle=30181

Sur cela, bonne soirée!

Patrick

 

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Le mot de la fin...

Date:

Sun, 04 Dec 2005 23:55:37 -0500

Bonjour Tod,

 

pas facile la vie de poète, encore moins celle de ex-poète, car bien que depuis 3-4 jours je t'ai envoyé quelques textes à propos de mon expérience poétique, je crois que cela n'apportera rien de neuf au débat. Faut pas donner trop d'importance à ceux qui organisent la poésie, ils n'ont pas placé un copyright sur le terme!  Et puis le festival, n'oublie pas que ce n'est qu'une grosse bulle de 10 jours... j'habite Trois-Rivières depuis 1997 et je peux t'assurer que le monde tout autour s'en fiche pas mal du festival et de la poésie... Même à l'université, c'est pas plus important que la semaine du Souvenir ou autre truc... La poésie existe partout, elle est pas mal plus libre quand elle quitte le terroir des organisateurs.  Ton site en est le meilleur exemple; c'est ce que j'ai trouvé de plus rafraîchissant au cours des dernières années. Bellemare et les autres ce ne sont que des personnages pour ceux qui suivent l'actualité littéraire, faut pas trop leur donner d'importance.  Je me suis rendu compte qu'en 3-4 jours je t'ai plus souvent parlé de lui que de faire autre chose de plus stimulant!  Soyons sincères, j'ai ai rien à cirer de ses choix poétiques et de sa commercialisation, ce qui m'intéresse est ailleurs et ça ne lui appartient pas!  J'ai passé les 2/3 de ma jeune vie à écrire et je me suis juré que je passerais à autre chose une fois que j'arriverais au coda...   Depuis 2001 j'ai passé par tous les stades de l'écoeurement; j'ai été trop souvent absent pour mes propres filles que j'aime tant, alors j'ai pas à les priver d'harmonie et de joie, parce qu'un éditeur se paie un égotrip de vouloir barrer les gens qui ne pensent pas comme lui.  Même Pozier m'a dit que Bellemare faisait tout à sa tête, mais il n'est pas assez brave, tout comme ceux et celles que t'a dans ton journal, pour s'en mêler... Le grand quidam a besoin de quilles pour jongler avec le sourire fendu jusqu'aux oreilles... Et il a tout ce qu'il veut avec cette bande de suiveux hypocrites et contaminés!  La vie est ailleurs, certainement pas dans le bunker des Forges, là où toute poésie a été affaire commerciale!

 

Merci pour tes bons mots, pour ta résistance et ta franchise... J'espère que tu trouveras du temps pour parler des autres aspects de la vie dans tes textes; y'a des trucs que les gens oublient trop souvent de ces instants qui passent et qui valent la peine d'être sublimés par des artistes comme toi!  Après la colère, y'a sans doute une saison neuve, sinon à quoi bon avoir arroser de nos meilleurs sangs, le territoire de la mémoire.

 

Bonne route Poète,

 

Je quitte le coeur en paix, sachant qu'il existe de vrais poètes de par ce monde; des poètes qui sont capables de donner aux mots, une preuve de loyauté et d'effervescence!

 

Patrick L., humain à la recherche de la route lumineuse...

 

 

Date:

7 Dec 2005 19:39:43 -0000

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Hi. This is the qmail-send program at yahoo.com.
I'm afraid I wasn't able to deliver your message to the following 
addresses.
This is a permanent error; I've given up. Sorry it didn't work out.
 
  Salut Patrick,
Mon courriel a toi a ete rejete a deux reprises.    « Je serai toujours 
de l’autre côté de la force » -PAUL-MARIE LAPOINTE.  Cependant c’est 
pas vrai.  Lui est du cote de Bellemare.  Voir la 
  BD que je lui ai consacre sur mon site.   Interessant tes textes. 
Boisvert en a ecrit sur le WTC aussi. Mais ou le risque?  Le risque c’est 
de critiquer le WTC Bellemare et Cie.  On a plus de chances a changer 
les choses quand on attaque chez soi et au niveau plus proche.  Oui, il 
faut s’attaquer sur tous les fronts… mais pas seulement sur ce front-la 
de Bush.  
   
  J’aime beaucoup ton verbe, ton œil satirique vif.  Tes tournures sont 
magnifiques (e.g., « année le festival en transformant le vers en jupon 
à frou frou! »)  Oui, j’aimerais beaucoup un texte sur le sujet de 
l’ecole de la poesie et Bellemare… une ou deux pages.  Ou un texte sur le 
milieu litteraire quebecois.  
 « Y'a tellement de poètes qui veulent qu'on les aime, moi ce n'est pas 
mon cas. »  Alors, pourquoi ce desir et cette deception vis-a-vis de te 
f. publier et « le silence morbide des gens face à [ton] écriture » ?  
   
  Moi, j’avoue que oui j’aimerais bien qu’on m’aime bien comme poete.  
Mais je ne me diluerais jamais pour arriver a cela… jamais.  Et si on 
m’aimait bien comme poete, je penserais forcement que j’ai fait quelque 
chose de crochu peut-etre meme inconscienceusement pour avoir cette 
approbation.  Alors, on ne m’aime pas comme poete.  Soit.  On ne vit 
qu’une seule fois, vivons donc dans la verite… et non pas dans la notoriete 
   
  Merci bp pour les URLs ! Je les consulterai demain.  
   
  « En tout cas, je n'ai pas ton audace, ni ton sens profond de 
l'indignation... Je crois même que j'aurais eu de la difficulté à vivre à 
chaque jour avec ce genre de personnalité à l'intérieur de moi.  Il faut 
sans doute une personnalité puissante et inaltérable... »