
A Literary Journal of Critical Thinking
In the Samizdat Tradition of Writing against
the Machine
A Forum for Examining the Dark Side of the
Academic/Literary Industrial Complex
Jean-François
Nadeau
[Quand la critique est mise hors limites en tant qu' 'impolie' et donc offensive, quelque chose de bizarre corrompt le concept du respect.] “When criticism is placed off limits as 'disrespectful' and therefore offensive, something strange is happening to the concept of respect.”
—Salman Rushdie, “Censorship Is Harmful.”
[Nos critiques sont nos amis, ils nous montre nos défauts.] “Our critics are our friends, they show us our faults.”
—Ben Franklin.
Dans la musique littéraire québécoise, il y a—en toute évidence—pas mal de couacs. Est-il donc surprenant que l'un des chefs d'orchestre du Couac, "journal satirique, libre et indépendant" québécois, relâche lui-même des couacs ?
La correspondance suivante démontre bien donc la fermeture d'esprit de quelqu'un que l'on aurait cru être, au contraire, très ouvert d'esprit. Or, il est triste de constater le contraire. Il y a sûrement quelque chose de pas mal pourri non seulement au Danemark mais également au Québec, grâce à ceux qui, une fois aux sommets, refusent catégoriquement toute critique quand ils sont visés.
Comment cela se fait donc que l'un des cofondateurs du Couac, Jean-François Nadeau,qui ne publie que de la critique mordante bien que seulement gauchisante, puisse se montrer indigné par la critique qui le vise ? Nadeau nous laisse bouche bée par son attitude singulière, mais il semble qu'il y ait un certain déjà vu vis-à-vis de ce genre de mandarin, n'est ce pas ? Enfin, en tant que libre penseur je donne un petit conseil à M. Nadeau : Une tête intelligente devrait pouvoir se nourrir de la critique lancée contre elle, lui répondre avec de l'argumentation logique, et même apprendre et s'améliorer grâce à elle, au lieu de réagir par l'indignation primaire ou que la critique inhabituelle (en principe les mandarins ne reçoivent que des compliments par leurs gardes de corps béni-oui-oui) se constitue inéluctablement une instance d'impolitesse.
Enfin, il faut vraiment que Nadeau se demande comment il est arrivé à habiter un tel miasme intellectuel. Quelle hypocrisie quand-même! Il faut qu'il se demande pourquoi il ne publierait pas cette correspondance et cette note introductoire dans Le Couac.
Subj: Lettre au redac'chef qui ne sera
jamais publiee...
Date: 11/13/04
From: enmarge
To: info@lecouac.org and jfnadeau@ledevoir.ca
Cher J-F
Nadeau,
Je me suis dit que je reve ! Mais non, je ne revais pas ce matin en lisant ton
article dans Le Devoir ("Salon
du livre de Montréal - Appétit de la lecture").
Toi, equipier du
COUAC, journal supposement engage, ecrit maintenant sur les gloires de consacrer
un salon de livre aux bouquins de cuisine ! " Après tout, nous disait-on lors
de la conférence de presse de l'événement, ce sont ces livres-là [de cuisine]
qui, depuis toujours, apparaissent comme les plus lus... " Mais quel
raisonnement fautif sinon completement con ! " Du reste, a-t-on besoin d'un
salon devenu four à cuisson utilitariste pour vraiment encourager à lire et pour
contribuer à réduire les inégalités culturelles toujours si criantes dans notre
société ? " La, tu deraisonnes carrement ! Il me faut te bedeifie encore une
fois ! Oui, je me mettrai au boulot tout de suite et mettrai la nouvelle BD une
fois terminee sur mon site web, sur la page devouee a toi-meme. Mais essaie
quand-meme de comprendre ce que cela doit faire a ton cerveau d'ecrire de tels
essais bidons jour apres jour… pour les piasses. Ne t'en rends-tu pas compte
quand-meme? Tu chevauches comme le pire des pires… et pour les piasses ! T'es
pas mieux que Bush… du moins du point de vue ideologique. Oui, le genre de
litterature que tu promeus dans ton article n'est que de la diversion de
droite. Publie ce courriel dans Le Devoir et Le Couac!
Au plaisir,
G. Tod Slone, redac'chef The American Dissident
Mots clés : Montréal, Livre, salon du livre
Pour grandir, pour évoluer, pour souligner l'importance culturelle que doivent avoir chez nous les salons du livre, Le Devoir vous propose cette semaine un grand cahier de 36 pages
Au moment où Montréal
s'affaire en vue d'être sacré par l'UNESCO capitale mondiale du livre en
2005-06, son salon du livre annuel, deuxième en importance dans le monde
francophone, décide de se consacrer tout entier à la cuisine. Après tout,
nous disait-on lors de la conférence de presse de l'événement, ce sont ces
livres-là qui, depuis toujours, apparaissent comme les plus lus...
A-t-on seulement besoin qu'un salon du livre soutienne les activités
culinaires alors que la télé le fait si bien -- et presque exclusivement il faut
le dire -- depuis quarante ans ? Soeur Berthe, soeur Angèle et tous nos
autres saints du fourneau ont grandi d'abord et avant tout, rappelons-le, comme
des fleurs cathodiques plutôt que comme des fleurs de papier. Du reste,
a-t-on besoin d'un salon devenu four à cuisson utilitariste pour vraiment
encourager à lire et pour contribuer à réduire les inégalités culturelles
toujours si criantes dans notre société ?
La cuisine peut bien sûr aider à mieux nous comprendre. Il serait ainsi fort
instructif d'envisager la société québécoise, d'un point de vue sociologique, à
travers ses livres de recettes, ceux du moins qui y ont été le mieux accueillis,
justement grâce à cette médiation télévisuelle. À travers ces ouvrages, on
tirerait beaucoup d'enseignements sur notre système de valeurs dominant, sur les
hiérarchies sociales en place, en un mot sur les rapports sociaux eux-mêmes.
Dans les vieilles éditions de l'Encyclopédie de Jehanne Benoît -- ou peut-être est-ce dans Cuisine raisonnée --, on voit vite que la cuisson d'un bon rôti, les dimanches, garantit à la ménagère les joies d'une famille unie. La «ménagère avertie», précise-t-on par ailleurs, se doit de manifester sa compétence sociale par sa capacité de demander à son boucher des morceaux de viande «par leur nom». En somme, comme nous le rappellent ces témoins en papier de nos cuisines d'hier, les chaudrons relevaient d'abord de la femme, pour les plaisirs de l'homme, en fonction du maintien de valeurs familiales et sociales stéréotypées. Or une analyse du discours et de la présentation des livres de la cuisine d'aujourd'hui révélerait certainement aussi son poids de faits sociaux, pas forcément plus progressistes sous d'autres aspects.
Dans la même veine, on peut tout naturellement se demander ce qu'indique sur notre société le fait que son plus important salon du livre catalyse ainsi cette année toute son attention sur le seul univers des cuisines plutôt que sur la nécessité urgente de créer un appétit véritable pour la lecture. Dans nos pages, l'ex-éditeur Alain Stanké signale justement cette semaine qu'au Québec, les problèmes de l'analphabétisme, de la pauvreté des bibliothèques publiques et scolaires, sans compter le taux de retour et de destruction effarant des livres neufs, manifestent un terrible problème social auquel il faut réagir avec vigueur, au plus vite.
Dès le plus jeune
âge, c'est dans la cuisine, sur la table commune, que l'enfant apprend
d'ordinaire à tracer les lettres de l'alphabet, à décoder peu à peu les
syllabes, puis à lire des mots et à constituer avec eux des phrases. Armé de
vieux mots, il sent vite la possibilité de ponctuer des phrases nouvelles. La
cuisine peut ainsi bien vite conduire à tout, à condition de commencer par en
sortir. On y revient alors, armé d'un savoir sur le monde, mais avec en tête les
repas de Gargantua, les descriptions festives d'Alexandre Dumas, les
gourmandises de Colette, la bonhomie de Marie Calumet, et bien d'autres
instruments qui nous situent ailleurs que dans un espace trop étroit.
Pour grandir, pour évoluer, pour souligner l'importance culturelle que doivent
avoir chez nous les salons du livre, Le Devoir offre cette semaine deux
imposants cahiers spéciaux qui présentent un panorama de quelques-uns des livres
récents ainsi que de l'actualité littéraire.
Subj: Re: [www] Le Devoir.com - formulaire en ligne
Date: 8/25/03 10:27:21 AM Eastern Daylight Time
From: jfnadeau@ledevoir.ca
To: enmarge@aol.com
le 24/08/03 11:24, enmarge@aol.com à enmarge@aol.com a écrit :
FORMULAIRE DE CONTACT D'UN AUTEUR
ENVOYÉ VIA LeDevoir.com pour Jean-François Nadeau
Titre de l'article : Rentrée littéraire - Au bout des lettres
IDX : auteur
Nom : Tod Slone
Titre individuel : Chuis contre les badges et titres... comme Emerson
Courrier électronique : enmarge@aol.com
Lieu : Concord, Massachusetts, États-Unis
Région : ...
Objet du message: Re: Rentrée littéraire - Au bout des lettres
Cher Jean-François Nadeau , Directeur des pages culturelles, Le Devoir. A l¹egard de votre article « Rentrée littéraire - Au bout des lettres », comment pouvez-vous faire une telle observation que « le livre est trop dangereux »? De nos jours, c¹est tout a fait le contraireŠ surtout au Quebec ou tant d¹auteurs ne sont que des subventionnes d¹Etat. Si, en fait, comme vous le dites, « le gouvernement accorde moins d'aide à la production des livres », c¹est une bonne chose et non pas une mauvaise. La grosse machine canado-quebecoise du subside favorise une litterature d¹Etat qui generalement est lue et approuvee par des universitaires-fonctionnaires d¹Etat et qui a pour but le
divertissement, et non pas
l¹illumination, du peuple. C¹est un peu
comme la religion si vous voulez en
tant qu¹opium. La « production
intéressante » de livres comme vous la
qualifiez n¹est surtout pas une
production excitante pleine de feu.
Le peu d¹auteurs, moi compris, qui
osent critiquer l¹oligarchie litteraire
n¹arrivent pas a se faire publierŠ a
moins qu¹ils soient deja etablis car
s¹etablissant par l¹ecriture de livres
tout a fait anodins comme dans le cas
de V-L Beaulieu et Claude Jasmin. Si
le « système médiatique et étatique qui
lui accorde de moins en moins de
place » aux livres, c¹est peut-etre
sinon probable que le genre de livre
favorise par ce systeme soit tout a
fait platte, meme trop platte pour les
oreilles et les yeux des spectateurs-
liseurs aplatis et autrement abrutis
par le systeme lui-meme.
Ce n¹est pas vrai de dire que «
l'univers médiatique cède encore à une
fascination de l'éphémère où le livre,
évidemment, n'a guère de place. » Pour
l¹ephemere, le genre de livre qu¹on a
tendance a publier aujourd¹hui n¹est
pas si different des autres
productions « culturelles » comme
celles du film et de l¹album musique
pop.
Enfin, pourquoi Le Devoir refuse-il
categoriquement de publier comme lettre
ouverte ma critique de la Machine
quebecoise litteraire, surtout celle du
Festival International de la Poesie de
Trois-Rivieres? J¹y etais poete invite
il y a deux ans et etais le seul a oser
critiquer le Festival a haute voix.
Or, ni Le Nouvelliste ni les 60
editeurs et redacteurs en chef
quebecois que j¹ai pu contactes ne
voulaient rien entendre ni publier.
Pour avoir critiquer, j¹ai bien risque
de provoquer non seulement la colere de
mes soi-disant co-freres et s¦urs
chantres mais egalement celle des
organisateurs qui refusent de m¹y
inviter encore une fois. Ce sont les
piasses et non pas la poesie qui
priment a Trois-RivieresŠ et c¹est
pareil ailleurs dans le monde
litteraire contemporain. Et c¹est
precisement cela que vous avez oublie
ou refuse de mentionner dans votre
article. Vous avez aussi oublie ou
refuse de faire mention de l¹ambiance
grotesquement cliquaire et hautement
ennuyeux des poetes et auteurs
subventionnes par l¹Etat. Pourquoi
ennuyeux? C¹est tout simplement parce
que ce genre d¹ecrivain a tendance
d¹etre non pas courageux et polemique
mais plutot poli et obsequieux a faire
vomir. Si vous voulez un essai tres
critique du Festival qui evidemment
s¹extrapole facilement a toute autre
manifestation litteraire ou un autre
essai tres critique du poete de nos
jours, contactez-moi. Je vous supplie
d¹ouvrir l¹esprit un tantinet a ceux
qui osent vous critiquer, cher mandarin
du bouquin.
www.geocities.com/enmarge
Subj: Reponse
From: jfnadeau@ledevoir.ca
To: enmarge@aol.com
Merci pour vos commentaires qui, me semblent-ils, ne s'opposent pas forcément au très court article que vous critiquez.
Mes salutations,
Jean-François Nadeau
Subj: Re: [www] Le Devoir.com - formulaire en ligne
Date: 8/25/03 11:42:02 AM Eastern Daylight Time
From: Enmarge
To: jfnadeau@ledevoir.ca
Hum. Que c'est curieux votre reponse ! Curieux parce qu'elle constitue sans doute une replique automate de la part d'un automate incurieux qui n'arrive plus a penser qu'en rond. Au contraire, mes commentaires s'opposent tout a fait a votre article qui en fin de compte n'est qu'une declaration d'autosatisfaction, le genre de declaration devenue beaucoup trop courante de ceux qui tiennent la barre du pouvoir gros et du pouvoir petit. Evidemment c'est un moyen efficace pour etouffer tout debat serieux entre adversaires. Merci tout de meme pour votre reponse.
G. Tod Slone, Redac'chef
The American Dissident
www.geocities.com/enmarge
Subj: Re: [www] Le Devoir.com - formulaire en ligne
Date: 8/25/03 11:45:17 AM Eastern Daylight Time
From: jfnadeau@ledevoir.ca
To: Enmarge@aol.com
Cher Monsieur,
Je pense que vous me connaissez mal Et que vous ête impoli. Renseignez-vous un peu.
Mes salutations,
JFN
Subj: Contraire a l'opinion public, la curiosite n'a jamais tue le chat; au contraire
Date: 8/25/03 12:31:31 PM Eastern Daylight Time
From: Enmarge
To: jfnadeau@ledevoir.ca
Impoli, moi ? Peut-etre que c'est plutot vous qui etes impoli, vu votre reponse a ma critique de votre " tres court article ". Comment pouvez-vous constater qu'il n'y a pas d'opposition entre nos deux ecrits ? C'est inoui ! Mon courriel vous a montre, point par point, l'opposition et vous avez choisi tout simplement de l'ignorer. Oui, comment pouvez-vous, par exemple, constater, vu la quantite enorme d'archibanals bouquins sur le marche, que " le livre est trop dangereux "?
Et comment pouvez-vous démentir que votre " tres court article " n'est en somme qu'un exemple criard, parmi tant d'autres, d'autofelicitation ?
Incurieux! Oui, vous, en tant que directeur de pages culturelles, avez manifeste dans votre reponse une totale incuriosite vis a vis de ma critique d'un festival soi-disant culturel. Vous etes donc incurieux.
A propos, quand on profere la verite devant les mandarins, ils ont tendance a crier a l'impolitesse ! Toutefois, l'impolitesse, c'est precisement ce qu'il nous faut dans nos deux societes pas si distinctes car de plus en plus controlees par de courtois courtisans pour qui la liberte d'expression n'est sans doute qu'une marque de yaourt.
Enfin, contraire a l'opinion public, la curiosite n'a jamais tue le chat. C'est l'incuriosite qui l'a tue...
Au plaisir,
G. Tod Slone, Redac'chef
The American Dissident
www.geocities.com/enmarge
[SANS REPONSE]
Subj: BD sur Internet
Date: 8/26/03 2:30:06 PM Eastern Daylight Time From:
Enmarge
To: jfnadeau@ledevoir.ca
Monsieur Nadeau,
Pour vous, M. le Directeur des pages culturelles, j'ai dessine une BD sur notre tres courte correspondance. Si vous n'etes pas automate incurieux qui n'arrive plus a penser qu'en rond, jetez donc un coup d'œil sur cette BD (www.geocities.com/enmarge - voir colonne de droite, rubrique Quebec).
Enfin, je ne sais pas quel lien rattache Le Devoir a Bellemare et cie de Trois-Rivieres, mais en toute evidence il doit etre tres fort et pas mal louche. Saisissez-vous quand-meme! Moi, j'ai 55 berges et continue a lutter contre les hypocrites et autres qui ne cherchent qu'a diminuer la liberte d'expression. Publiez une dure critique contre cette farce appelee Festival International de la Poesie de Trois-Rivieres!
[SANS REPONSE]
Subj: Poesie...
Date: 9/6/03 12:34:44 PM Eastern Daylight Time
From: Enmarge
To: jfnadeau@ledevoir.ca
Monsieur Nadeau,
Vous n'aimez pas mes manieres brusques. Soit. Vous n'aimez pas non plus ce que j'ai a dire sur la litterature quebecoise. Soit. Or, etes-vous suffisamment ouvert et curieux dans l'esprit democratique et a la hauteur de votre poste de directeur de pages culturelles pour permettre ma voix en forme de critique alternative de paraître dans votre journal ? Si oui, je vous felicite et attache dans un second courriel une courte optique sur le Festival International de la Poesie de Trois-Rivieres qui va se derouler dans quelques semaines. J'attache egalement deux BDs qui peuvent l'accompagner. Si vous ne l'etes pas, il me faudrait donc encore patienter et attendre qu'un autre prend votre place au Devoir, puis peut-etre encore un autre. Comme je vous ai deja renseigne, cela fait maintes fois que je tente en vain de faire publier ma critique du Festival (j'etais quand-meme un invite remunere) dans la presse quebecoise qui, pour une raison quelconque, veut exclure toute critique negative de cette manifestation plus economique que litteraire. Au plaisir,
G. Tod Slone, Redac'chef
The American Dissident
www.geocities.com/enmarge
[SANS REPONSE]
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